Jeudi 25 février

 

 

Première Halte de Carême. Jeudi 25 février 2010 à Châteauneuf-le-Rouge

 

 

 

 
Texte de la Parole de Dieu pour notre méditation

 
Le Seigneur répondit à Job du sein de la tempête et dit :
« quel est celui-là qui obscurcit mes plans par des propos dénués de sens ?
Ceins tes reins comme un brave : je vais t’interroger et tu m’instruiras.
Où étais-tu quand je fondai la terre ? Parle, si ton savoir est éclairé.
Qui en fixa les mesures, le saurais-tu, ou qui tendit sur elle le cordeau ?
Sur quel appui s’enfoncent les socles ? Qui posa sa pierre angulaire,
Parmi le concert joyeux des étoiles du matin et les acclamations unanimes des Fils de Dieu ?
(…)
Et Job fit cette réponse au Seigneur :
Je sais que Tu es tout puissant : ce que Tu conçois, Tu peux le réaliser.
J’étais celui qui voile Tes plans, par des propos dénués de sens.
Aussi as-Tu raconté des œuvres grandioses que je ne comprends pas,
Des merveilles qui me dépassent et que j’ignore.
Je ne Te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu.
 
Texte de la Lettre Pastorale de nos archevêques : « Vivre l’Eglise autrement »
 

Chapitre 1, paragraphe 2- Nous voulons être un Eglise qui propose la foi

 
Ceci devrait être une évidence, mais avouons que nous avons besoin de le réapprendre.
Pendant 1000 ans, le christianisme a été en France la religion de tous et, jusqu’à une époque récente, presque chaque enfant naissait chrétien. Nous avons à redécouvrir aujourd’hui que, comme le disait Tertullien, « on ne naît pas chrétien, on le devient » ;
La foi chrétienne en était alors à son commencement, « je sors de vos rangs » disait Tertullien aux destinataires païens de son Apologétique, c’était au deuxième siècle.
Nous voulons être une Eglise qui propose des chemins pour devenir chrétien. Ceci est la
Responsabilité de chaque baptisé : « chaque chrétien doit être capable de rendre compte de sa foi, de manière simple, centrée sur l’essentiel et appelant à la vie ».
Ceci est la responsabilité des communautés chrétiennes : « La communauté toute entière annonce l’Evangile ». Ceci est un chantier pour notre Eglise diocésaine pour que
« la préparation sacramentelle soit un lieu de proposition de foi ».
 
 

Père Brice de Roux : « Proposer la Foi, c’est emprunter le chemin ouvert par le Christ »
 

Méditation

 
            Sur le site internet de la paroisse vous avez pu voir que l’illustration du Carême est un chemin. Monseigneur Dagens dans son ouvrage, méditation sur l’Eglise catholique en France : libre et présente, ouvre pour nous un chemin. Ou du moins, il essaye de nous faire découvrir un chemin que nous ne voyons plus au cœur d’un monde qui ne manque pas de tempête et de vicissitudes. Non pas que les tempêtes de nos vies cachent le chemin, font écran au chemin de l’homme. Comment un chemin serait-il un chemin s’il cessait d’exister par mauvais temps ou dans l’obscurité ? « Nous voilà appelés à parcourir nous-mêmes et à ouvrir à d’autres le chemin de la nouveauté chrétienne, dans un monde et une culture devenus étrangers à cette nouveauté ». Si nous ne voyons plus ce chemin, c’est parce que le monde et la culture dans lesquels nous sommes sont devenus étrangers, non pas à ce chemin mais à la nouveauté que le chemin permet. Tous autant que nous sommes, nous sommes comme Job, enfermés sur des chemins, perdus sur des chemins sur lesquels, pourtant, la nouveauté de Dieu ne cesse de se manifester à nous. « Je t’ai aimé bien tard, beauté nouvelle et toujours ancienne… » disait Saint Augustin. « La vie chrétienne consiste à aller de commencement en commencement en des commencement qui ne finissent jamais » disait Saint Grégoire de Nysse. Ces commencements sont une expérience pascale c’est-à-dire qui nous fait à tout instant, en chaque instant, passer de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, sans pour autant nous enlever à la mort, c’est-à-dire en cette réalité du difficile, du laborieux, du quotidien. Mais qui en chaque instant nous offre une présence qui nous fait goûter à cette fraîcheur de la vie de Dieu et nous entraîne à la désirer davantage de manière à ce que la mort ne l’emporte jamais et que nous demeurions dans la Vie.
 
            Dire que le mal est injustifiable, rester silencieux face au mal ne suffit plus à nos contemporains, ni même non seulement à notre intelligence, mais aussi au plus intime de nous même qu’est notre âme, notre cœur. Paul prêchera la figure du Dieu sauveur annoncé par Job. Un Dieu qui ne garde rien pour lui-même, qui ne regarde pas l’homme souffrir avec résignation comme s’il n’y était pour rien. Il n’est pas celui qui donne un chemin de souffrance pour purifier la vie des hommes. Il est un Dieu du salut. Un Dieu qui sauve. Non pas par la souffrance, mais par sa présence jusqu’en la souffrance des hommes. Paul prêchera ainsi « un Christ crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens, mais pour tous ceux qui sont appelés, Juifs ou Grecs, c’est le Christ, puissance et sagesse de Dieu ». Ce qui sauve, c’est la vie manifestée jusque là. Ce qui restaure, c’est une puissance capable de venir chercher l’homme jusqu’en ces lieux où l’homme se sent démuni. C’est parce que Dieu s’engage jusque là, au cœur du mal et de la violence des hommes qu’il est sauveur des hommes : Dieu ne justifie pas le mal mais apporte une réponse, un chemin, une alternative, une issue en une parole qui n’est pas fait de mots à opposer au silence mais une parole qui sauve. La pierre angulaire que les hommes ont rejeté est ce Dieu venu jusque là. Ignoré, méconnu, oublié, inconnu : mais venu quand même et toujours socle, pierre angulaire, rocher sur lequel pouvoir s’appuyer. Non pas un rocher statique. Mais une présence aimante qui fait faire l’expérience d’un commencement, d’une nouveauté : « je ne te connaissais pas, mais maintenant mes yeux t’ont vu » dira Job. En passant de ce monde à son Père, Jésus inscrit dans le monde, une autre logique, qui n’est pas de ce monde : celle d’un Amour désarmé qui, au plein cœur du mal, veut et crée un monde réconcilié. « En sa personne, il a tué la haine » dira saint Paul (Ep 2,16).
 
            Proposer la Foi, ce n’est pas entrer en bataille rangée pour annoncer quelque chose que le monde aurait perdu ou bien auquel il serait étranger. C’est emprunter le chemin ouvert par le Christ. « Nous sommes appelés à proposer l’Evangile non pas comme un contre projet culturel ou social mais comme une puissance de renouvellement qui appelle les hommes » nous ont dit nos évêques en 1996 à travers une lettre qui s’intitulait « proposer la foi dans la société actuelle ». Ce chemin de renouvellement est un chemin sur lequel on devient chaque jour davantage chrétien. « On ne naît pas chrétien, on le devient » disait Tertullien. Et on ne cesse de le devenir. Et ce qu’il nous faut annoncer c’est cette transformation intérieure qui nous renouvelle, cette expérience qui nous donne de la Vie, qui nous sauve, qui nous redonne du souffle, le souffle de la vie.
            En partant de la réalité et du scandale du mal, principales épreuves de la foi en Dieu de nos jours, j’ai voulu ainsi décrire le chemin de foi que nous avons à proposer. Il n’est pas une somme de connaissance mais un témoignage, une expérience que nous avons à vivre. Cette expérience, elle est à vivre pour nous. Pour que nous soyons des hommes et des femmes renouvelés. Pour que nous ne sombrions pas dans ces tourments des hommes dont nous ne sommes pas exempt. Mais pour, qu’avec Jésus, nous puissions vivre de la présence de Dieu. Qui nous sauve, qui nous appelle à goûter dés maintenant de la Vie éternelle. Et que la vivant, par notre présence, nous apportions alors le témoignage de la présence de Dieu qui sauve : « si de tout temps, l’annonce de l’Evangile fut exigeante, c’est qu’elle doit se faire témoignage » nous ont dit nos évêques dans leur lettre aux catholiques de France. Annoncer l’Evangile au monde, c’est le vivre. « Chaque chrétien doit être capable de rendre compte de sa foi, de manière simple, centrée sur l’essentiel et appelant à la vie ». Je ne vois pas comment nous pourrions en rendre compte de manière plus simple, plus vivante, plus appelante, plus essentielle qu’en nous laissant renouvelé par le Christ.
            Dans les manières de proposer la Foi, nos archevêques ont retenu un chantier pour notre église diocésaine : la préparation sacramentelle. De quoi s’agit-il ?
1)      la fréquentation pour nous des sacrements. L’Eucharistie qui nourrit notre baptême. Rien ne dit mieux au monde le mystère de la présence de Dieu au cœur de ce monde que la parole adressé à chacun pour nourrir notre âme, que sa présence donnée, humble et fragile en ce qui fait nos convivialités (un repas), notre travail (fruit de la terre et du travail de l’homme) et de nos ivresses (vin). Présence réelle de Dieu qui est transformante. C’est cela un sacrement : ce n’est pas seulement une prière, c’est un acte de Dieu qui nous transforme, qui nous saisit : est-ce que nous y croyons ?
2)      des hommes et des femmes, nombreux, viennent frapper à la porte de l’Eglise. Alors que l’on nous dit que l’Eglise n’intéresse plus personne ! Ceux qui viennent ainsi, ne savent pas toujours pourquoi ils y viennent. Paradoxe qui ouvre pour nous cette réalité à laquelle il nous faut apprendre à faire confiance : Dieu nous précède et travaille toujours le cœur des hommes. Et ceux qui frappent à la porte de l’Eglise ne viennent pas jusque là pour des clopinettes : ils viennent nous confier ce qu’il y a de plus précieux aux yeux des hommes : l’intimité de leur amour conjugal, la merveille des merveilles de leur vie qu’est leur enfant. Signe qui hurle, qui crie non pas une détresse mais un appel aussi fort que celui de Job et pour lequel nous ne pouvons pas rester sourd. Le sacrement que nous leur proposons et pour lequel ils n’imaginent pas une seconde la puissance transformante, car ils n’y sont pas éveillés, est un chemin de salut. Les laisserons-nous cheminer ainsi dans l’ignorance du trésor, de la capacité qu’ils ont reçu ? Comment pourrions-nous les accueillir, les accompagner ? Mais aussi comment pourrions-nous leur proposer d’accueillir la puissance aimante de Dieu au cœur des sacrements ?
Parmi eux, certains, soit par intuition lorsqu’ils le demandent eux-mêmes, soit parce que nous avons essayé, justement de leur faire découvrir la puissance de l’amour de Dieu qui se fait petit pour se donner à l’homme afin que celui-ci deviennent grand selon le cœur de Dieu, viennent à demander de recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne. Il nous revient de la proposer : par notre témoignage en vivant nous-mêmes du baptême, de la confirmation et de la communion (ai-je reçu ces trois sacrements ?). Mais aussi en les accompagnant. Et nous sommes souvent à la traîne de ceux et celles qui sont venus frapper à la porte. Car les coups de butoir de leur appel nous empêchent de dormir, nous appellent à sortir de nous-mêmes. Virginie, dimanche dernier, dans le froid de la cathédrale a ouvert pour nous un chemin qui nous invite à sortir de nos maisons chaudes et douillettes ! Si l’expérience des catéchumènes et des recommençants est tellement significative, c’est pour cette raison : ces hommes et ces femmes découvrent et vivent l’actualité du mystère du salut de l’intérieur même de leurs attentes et de leur existence souvent précaire. Ils comprennent que Dieu vient agir au dedans même de ce qui entrave leur vie et qu’il leur rend confiance en leur propre liberté. Nous ont dit les évêques français, toujours en 1996.
 
            La réponse de Job pourrait être notre réponse : nous n’avons pas toujours vu les plans de Dieu, mais nous sommes appelés à Lui faire confiance. Ce que Dieu conçoit (la vie de l’homme), Il peut le réaliser. Et Il le réalisera en nous si nous le voulons bien, si nous nous en donnons les moyens. En le réalisant en nous, Il fera de nous une Eglise qui propose la foi. Il ouvrira nos yeux, non seulement sur les trésors du salut, mais aussi sur ce monde pour lequel la nouveauté du salut de Dieu paraît étranger. Mais il nous revient d’en ouvrir le chemin.
 
 
 

Partage sur le thème : « Une Eglise qui propose la Foi »    
 
Nous avons partadans un premier temps sur ce qui est essentiel dans ma Foi. C’est la découverte de l’Amour de Jésus et que nous sommes enfants de Dieu. Chacun d’entre nous est une petite église Une relation privilégiée avec Dieu et la joie ainsi que le soutien que cela me procure Découvrir dans l’autre le visage du Christ L’écoute, le partage et l’authenticité Pouvoir partager ma foi avec d’autres. Le fait que Dieu nous aime et ne nous abandonné jamais. L’aspiration à une vie meilleure, l’espérance à partager chaque jour, les sacrements qui nous font vivre de la Vie de Dieu. Prier, vivre de l’Eucharistie et de la Réconciliation, témoigner.  
 
Dans un deuxième temps nous avons partagé sur ce que nous attendions de notre Unité Pastorale afin de nous aider à être dans le monde d’aujourd’hui une force de proposition. Créer une véritable vie de communauté, de frères et sœurs dans le Christ. Plus de rencontres entre membre de la communauté chrétienne pour se ressourcer ensemble et pouvoir ainsi témoigner et s’ouvrir aux autres. L’accueil des nouveaux arrivants à l’église le dimanche. Une disponibilité à s’ouvrir aux autres Aller vers l’autre pour lui partager la joie du don de Dieu. Une formation. Une attention plus grande à l’aumônerie des jeunes Nous aider à promouvoir des rencontres comme celle de ce soir.  
 
 
Enfin, dans un troisième temps, certains ont pu souligner qu’il nous manque parfois de l’audace pour proposer la Foi. D’autres ont souligné le manque d’expression de joie lorsque nous vivons de la communion. D’autres encore ont souligné notre individualisme et notre tristesse qui empêche de vivre de la joie du Christ Ressuscité qui nous envoie à la rencontre des autres.