18° dimanche du Temps Ordinaire. Dimanche 1° août.
18° dimanche du Temps Ordinaire
Dimanche 1er août 2010
Fête de Saint Pierre aux liens à Peynier
Père Brice de Roux
Fête de Saint Pierre aux liens à Peynier
Père Brice de Roux
Avoir trois petites monnaies en cuivre et l'audace de Pierre
J’ai trouvé dans le bulletin de la vie diocésaine de Natitingou (entre parenthèse, c’est la fête nationale du Bénin prions pour ce pays !) une histoire amusante. Un jeune homme désire entrer au monastère. Le maître des novices lui pose quelques questions pour vérifier s’il est prêt à tout abandonner pour devenir moine :
► Si tu avais trois monnaies en or, les donnerais-tu aux pauvres
* Oui bien sûr, père, et de tout cœur.
► Et si tu avais trois pièces d’argent
* Bien volontiers, je les donnerais, sans problème.
► Et si tu avais trois petites monnaies en cuivre
* Non, cela non.
► Pourquoi ?
* Parce que je les ai réellement sur moi en ce moment.
Comme cela fait bien écho aux textes que nous avons entendu. Non pas pour une belle leçon de morale au sujet de l’argent mais pour que nous retrouvions le sens des choses, que nous puissions découvrir où est notre vrai trésor, là où cela vaut la peine que nous donnions notre vie. L’argent dit toujours quelque chose de la vie des hommes… et c’est bien de notre vie d’homme dont il s’agit ici. Ce Dieu qui aime l’homme jusqu’à se perdre pour lui, pour le sauver vient ouvrir pour nous un chemin. Un chemin qui ne part plus de nous même mais qui part de l’autre.
L’altérité, l’éloge de la différence, voir même l’appel à la tolérance sont des caractéristiques de notre temps… et qui nous disent pourtant la pauvreté de notre époque. Simplement parce que l’autre n’est reconnu comme différent que par rapport à moi-même et non pas pour ce qu’il est. Monseigneur Rouet, dans un livre remarquable et que je recommande vivement, « j’aimerais vous dire », nous confie : « si je dis : « cette autre personne est autre que moi » quel est le sens du mot « autre ». Ne suis-je pas simplement en train d’affirmer que cette personne n’est pas moi ? En effet, je la définis par rapport à ce que je suis. Le point de référence, le point de calcul, le point de distance, c’est moi ! » ; et il ajoute « la véritable altérité demande en toute rigueur de terme d’être autrement autre que moi ». On veut bien reconnaître l’autre comme différent… en partant de soi. On veut bien faire l’éloge de la différence… tant qu’elle ne me remet pas en question, tant qu’elle ne m’oblige pas à ME donner, à M’oublier. De l’or, de l’argent : oui ! du cuivre ? Non : je suis tout d’un coup concerné. Et c’est ce que veut nous dire tout à la fois l’Evangile d’aujourd’hui et la fête de saint Pierre aux liens.
Ce qui est remis en cause ici, dans cette parabole, ce n’est pas l’attitude de l’homme riche qui voit en grand, qui agrandit ses greniers. Ce qui conduit à la mort c’est que cet espace qui appelle à recevoir l’enferme sur lui-même au lieu d’ouvrir sa vie sur l’autre. Et cette ouverture dit la qualité de relation à laquelle nous sommes appelés. Une relation qui nous sort de nous-mêmes, qui nous fait quitter tout ce qui nous entrave, nous replis sur nous-mêmes et nous donne un air rabbougri. La richesse n’est pas d’être cramponné sur soi mais, de s’ouvrir sur l’autre, jusqu’à ne considérer l’autre, non plus par rapport à moi, mais par rapport à ce qu’il est, par rapport à ce à quoi il m’appelle de déplacement, de sortie de moi-même. Alors l’espace intérieur des greniers de ma vie pourra s’élargir en des espaces insoupçonnés jusqu’à présent car ils nous appellent au delà de toute imagination, au delà de tout ce qui était prévu, compté, envisagé. C’est là toute la vie de Pierre que nous fêtons aujourd’hui. Lui-même s’est battu avec lui-même. Sur la Montagne de la transfiguration, il veut rester là avec SON Jésus. Sur le lac il veut bien aller à la rencontre de Jésus mais se trouve englouti par la peur de l’inconnu. Au bord de la rive du lac de Tibériade et de sa vie à la parole de Jésus qui lui annonce qu’un autre lui passera la ceinture pour le mener là où il ne voudrait pas aller, il a encore un regard vers le disciple que Jésus aimait avec cette parole enfantine teinte de crainte et de jalousie : « et lui… » « que t’importe, Toi suis, moi ». La clef que lui donne Jésus est celle du Royaume des cieux et non pas celle des greniers où les hommes entassent ces sécurités trop vite rongées par les mites. Une clef pour ouvrir en nous ces entraves qui nous isolent les uns des autres. Une clef pour dénouer nos liens. Amen.
► Si tu avais trois monnaies en or, les donnerais-tu aux pauvres
* Oui bien sûr, père, et de tout cœur.
► Et si tu avais trois pièces d’argent
* Bien volontiers, je les donnerais, sans problème.
► Et si tu avais trois petites monnaies en cuivre
* Non, cela non.
► Pourquoi ?
* Parce que je les ai réellement sur moi en ce moment.
Comme cela fait bien écho aux textes que nous avons entendu. Non pas pour une belle leçon de morale au sujet de l’argent mais pour que nous retrouvions le sens des choses, que nous puissions découvrir où est notre vrai trésor, là où cela vaut la peine que nous donnions notre vie. L’argent dit toujours quelque chose de la vie des hommes… et c’est bien de notre vie d’homme dont il s’agit ici. Ce Dieu qui aime l’homme jusqu’à se perdre pour lui, pour le sauver vient ouvrir pour nous un chemin. Un chemin qui ne part plus de nous même mais qui part de l’autre.
L’altérité, l’éloge de la différence, voir même l’appel à la tolérance sont des caractéristiques de notre temps… et qui nous disent pourtant la pauvreté de notre époque. Simplement parce que l’autre n’est reconnu comme différent que par rapport à moi-même et non pas pour ce qu’il est. Monseigneur Rouet, dans un livre remarquable et que je recommande vivement, « j’aimerais vous dire », nous confie : « si je dis : « cette autre personne est autre que moi » quel est le sens du mot « autre ». Ne suis-je pas simplement en train d’affirmer que cette personne n’est pas moi ? En effet, je la définis par rapport à ce que je suis. Le point de référence, le point de calcul, le point de distance, c’est moi ! » ; et il ajoute « la véritable altérité demande en toute rigueur de terme d’être autrement autre que moi ». On veut bien reconnaître l’autre comme différent… en partant de soi. On veut bien faire l’éloge de la différence… tant qu’elle ne me remet pas en question, tant qu’elle ne m’oblige pas à ME donner, à M’oublier. De l’or, de l’argent : oui ! du cuivre ? Non : je suis tout d’un coup concerné. Et c’est ce que veut nous dire tout à la fois l’Evangile d’aujourd’hui et la fête de saint Pierre aux liens.
Ce qui est remis en cause ici, dans cette parabole, ce n’est pas l’attitude de l’homme riche qui voit en grand, qui agrandit ses greniers. Ce qui conduit à la mort c’est que cet espace qui appelle à recevoir l’enferme sur lui-même au lieu d’ouvrir sa vie sur l’autre. Et cette ouverture dit la qualité de relation à laquelle nous sommes appelés. Une relation qui nous sort de nous-mêmes, qui nous fait quitter tout ce qui nous entrave, nous replis sur nous-mêmes et nous donne un air rabbougri. La richesse n’est pas d’être cramponné sur soi mais, de s’ouvrir sur l’autre, jusqu’à ne considérer l’autre, non plus par rapport à moi, mais par rapport à ce qu’il est, par rapport à ce à quoi il m’appelle de déplacement, de sortie de moi-même. Alors l’espace intérieur des greniers de ma vie pourra s’élargir en des espaces insoupçonnés jusqu’à présent car ils nous appellent au delà de toute imagination, au delà de tout ce qui était prévu, compté, envisagé. C’est là toute la vie de Pierre que nous fêtons aujourd’hui. Lui-même s’est battu avec lui-même. Sur la Montagne de la transfiguration, il veut rester là avec SON Jésus. Sur le lac il veut bien aller à la rencontre de Jésus mais se trouve englouti par la peur de l’inconnu. Au bord de la rive du lac de Tibériade et de sa vie à la parole de Jésus qui lui annonce qu’un autre lui passera la ceinture pour le mener là où il ne voudrait pas aller, il a encore un regard vers le disciple que Jésus aimait avec cette parole enfantine teinte de crainte et de jalousie : « et lui… » « que t’importe, Toi suis, moi ». La clef que lui donne Jésus est celle du Royaume des cieux et non pas celle des greniers où les hommes entassent ces sécurités trop vite rongées par les mites. Une clef pour ouvrir en nous ces entraves qui nous isolent les uns des autres. Une clef pour dénouer nos liens. Amen.
17° dimanche du Temps Ordinaire. Dimanche 25 juillet 2010
17° dimanche du Temps Ordinaire
Homélie du 25 juillet 2010. église de Trets
baptême de Baptiste Doudon
Père Brice de Roux
Père Brice de Roux
Demander, chercher, frapper en tout temps et en tout lieu
Abraham aurait été très fort sur le marché de Trets le mercredi matin. Sa manière de marchander avec Dieu n’est pas qu’une histoire de gros sous. C’est une histoire de la valeur que dissimule ces hommes et ces femmes de Sodome et de Gomorrhe. Quel que soit le péché, aussi grave qu’il puisse être (et Dieu sait qu’il est grave puisque si nous avons entendu parler de Sodome ce n’est pas pour ce que cette ville a fait de bien mais pour ce qu’il y avait de tordu dans ses mœurs) ses habitants avaient, au plus intime d’eux-mêmes un prix, un trésor que rien, pas même le mal, ne pouvait leur enlever. Et Abraham connaît la valeur des choses, sait la reconnaître à la manière de ces forains qui sur le marché savent reconnaître la valeur des choses et les vendre au prix de cette valeur pour le bonheur du client qui aime la qualité du produit. Abraham, jeune homme, n’a-t-il pas su entendre, reconnaître dans son cœur cet appel intime, intérieur de sa jeunesse : « pars, quitte ton pays, ta parenté et va vers le pays que je te donnerai ». Un appel qui lui est venu de Dieu. Un appel à vivre, un appel plein de promesses, un appel du genre de celui qui traversera toute la Bible : « l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un ». Un appel qui a retentit dans son cœur. Mais si Abraham a su l’entendre, si Abraham reconnaît là l’appel fondamental de son existence c’est parce qu’il l’entend avec son cœur. Il fait là, l’expérience que tout son être aspire jusqu’au plus intime de lui-même à la Vie, et le trésor de son existence consiste non pas en un bien qu’il posséderait, et qui le posséderait, mais en cette capacité à se lever en homme libre pour partir. Ce jour là son regard a perçu la fécondité, la richesse de sa vie dissimulée jusque là. Aussi, sait-il par expérience que les choses les plus importantes vont au delà de leurs apparences et que ce qui ne paraît pas encore peut toujours venir au jour. Ainsi peut-il entrer en discussion avec Dieu au sujet du sort de ces habitants. Et il discute pied à pied. Il a cette audace de se tourner vers Dieu et de lui lancer ce qu’il a lui-même expérimenté, à savoir qu’avec Dieu le plus important c’est le dialogue, c’est l’audace, c’est la demande, c’est la persévérance, c’est l’assurance que l’on vaut plus que tout. Et Abraham sait que Dieu est grand, généreux. Il provoque Dieu en sa générosité, au plus intime de sa vie : son Amour.
« Aimer quelqu’un, écrivait un jour le Frère Jean Claude Sagne, est l’œuvre de la patience, le travail de l’enfantement. » Vous en savez quelque chose, vous les parents. Vous qui avez vu un jour éclore l’amour réciproque qui vous a fait vous donner l’un à l’autre dans le mariage vécu au quotidien. Vous qui avez donné la vie et qui mettez au monde des enfants, non seulement au jour de leur naissance mais aussi à chaque instant de leur vie : les premiers pas, les premiers mots, la première écriture, la première addition sont autant d’enfantement, de patience qui dit quelque chose de votre amour.
Ce qui est vrai de vous est vrai de Dieu à notre égard. Pourquoi ne serait-il pas patient, lui qui est amour ? Patience exercé dans ce dialogue qu’il veut entamer avec nous. Patience exercée à l’égard des disciples qui lui demandent de lui apprendre à prier. Patience à l’égard du disciple invité à demander et à chercher. Patience à l’égard de celui qui se décide un jour à venir frapper la nuit à la porte. Si le disciple qui veut apprendre à prier demande à Jésus de lui apprendre à prier, n’est-ce pas parce qu’il a perçu que Jésus avait les mots justes pour lui apprendre à tourner son cœur vers Dieu ? Si celui qui demande à son Père un œuf ou un poisson a cette audace de le demander, n’est-ce pas parce qu’il a perçu la bonté de celui à qui il demande. Celui qui frappe jusqu’à réveiller son ami, ne fait-il pas cela car il a en lui cette intuition de la bonté de celui à qui il s’adresse ? La bonté de Dieu est déposée dans notre cœur comme une semence qui ne demande qu’à grandir, qui est dans les starting-blocks, comme un trésor que l’on ne voit pas toujours mais qui nous rend capable de nous mettre en mouvement vers l’auteur de cette bonté.
Vous ne demanderiez pas le baptême pour votre enfant si vous saviez que c’est quelque chose de mauvais pour lui. Ni même si vous pensiez que ce serait indifférent. On ne donne jamais un serpent à son enfant mais toujours ce qu’il y a de meilleur. Et ce qu’il y a de meilleur, vous le pressentez, vous le connaissez. Même si l’on ne sait pas toujours mettre des mots dessus, on en connaît la valeur. Demander, frapper à la porte, chercher deviennent alors ce chemin du Chrétien, de celui qui est baptisé. Sa vie n’est pas faite de réponses toute faites. Les questions, les doutes, les incompréhensions qui paralysent bien souvent l’homme deviennent alors pour le baptisé des chemins de vie. Ces questions qui se posent à nous ne nous détourne plus de la foi. Au contraire. Demander, frapper, chercher deviennent des verbes qui sous-entendent que quelqu’un m’écoute, ouvre la porte et me montre ce que je cherche. Si je n’espérais pas le trouver, je ne le demanderai pas. Ce sont des verbes qui font sortir de chez soi, qui disent la confiance et la liberté. Ce sont des verbes à vivre et le baptisé sait toujours, au plus intime de lui-même, qu’il est fait pour la vie. En tout temps et en tout lieu. « Un jour, quelque part », disait l’Evangéliste ; « aujourd’hui », « à Trets » nous dit Baptiste à travers son baptême. Amen.
« Aimer quelqu’un, écrivait un jour le Frère Jean Claude Sagne, est l’œuvre de la patience, le travail de l’enfantement. » Vous en savez quelque chose, vous les parents. Vous qui avez vu un jour éclore l’amour réciproque qui vous a fait vous donner l’un à l’autre dans le mariage vécu au quotidien. Vous qui avez donné la vie et qui mettez au monde des enfants, non seulement au jour de leur naissance mais aussi à chaque instant de leur vie : les premiers pas, les premiers mots, la première écriture, la première addition sont autant d’enfantement, de patience qui dit quelque chose de votre amour.
Ce qui est vrai de vous est vrai de Dieu à notre égard. Pourquoi ne serait-il pas patient, lui qui est amour ? Patience exercé dans ce dialogue qu’il veut entamer avec nous. Patience exercée à l’égard des disciples qui lui demandent de lui apprendre à prier. Patience à l’égard du disciple invité à demander et à chercher. Patience à l’égard de celui qui se décide un jour à venir frapper la nuit à la porte. Si le disciple qui veut apprendre à prier demande à Jésus de lui apprendre à prier, n’est-ce pas parce qu’il a perçu que Jésus avait les mots justes pour lui apprendre à tourner son cœur vers Dieu ? Si celui qui demande à son Père un œuf ou un poisson a cette audace de le demander, n’est-ce pas parce qu’il a perçu la bonté de celui à qui il demande. Celui qui frappe jusqu’à réveiller son ami, ne fait-il pas cela car il a en lui cette intuition de la bonté de celui à qui il s’adresse ? La bonté de Dieu est déposée dans notre cœur comme une semence qui ne demande qu’à grandir, qui est dans les starting-blocks, comme un trésor que l’on ne voit pas toujours mais qui nous rend capable de nous mettre en mouvement vers l’auteur de cette bonté.
Vous ne demanderiez pas le baptême pour votre enfant si vous saviez que c’est quelque chose de mauvais pour lui. Ni même si vous pensiez que ce serait indifférent. On ne donne jamais un serpent à son enfant mais toujours ce qu’il y a de meilleur. Et ce qu’il y a de meilleur, vous le pressentez, vous le connaissez. Même si l’on ne sait pas toujours mettre des mots dessus, on en connaît la valeur. Demander, frapper à la porte, chercher deviennent alors ce chemin du Chrétien, de celui qui est baptisé. Sa vie n’est pas faite de réponses toute faites. Les questions, les doutes, les incompréhensions qui paralysent bien souvent l’homme deviennent alors pour le baptisé des chemins de vie. Ces questions qui se posent à nous ne nous détourne plus de la foi. Au contraire. Demander, frapper, chercher deviennent des verbes qui sous-entendent que quelqu’un m’écoute, ouvre la porte et me montre ce que je cherche. Si je n’espérais pas le trouver, je ne le demanderai pas. Ce sont des verbes qui font sortir de chez soi, qui disent la confiance et la liberté. Ce sont des verbes à vivre et le baptisé sait toujours, au plus intime de lui-même, qu’il est fait pour la vie. En tout temps et en tout lieu. « Un jour, quelque part », disait l’Evangéliste ; « aujourd’hui », « à Trets » nous dit Baptiste à travers son baptême. Amen.
16° dimanche du Temps odinaire. dimanche 18 juillet 2010
16° dimanche du temps ordinaire
Dimanche18 juillet 2010 à Châteauneuf-le-Rouge
Père Brice de Roux
Père Brice de Roux
Ecoute la Vie de ta vie
Les longues soirées d’été sont propices aux rencontres, aux repas entre amis durant lesquels on refait le monde, à des moments culturels uniques, à des soirées « endiablées » jusqu’à l’aube. Certaines de ces activités ne font pas de bruits, d’autres sont l’occasion, comme on l’a vu à Puyloubier la veille du 14 juillet, de voir débarquer des gendarmes afin qu’ils exercent un rappel à l’ordre qui laisse perplexe (et on les comprend vu le calendrier) les participants. Ces bruits de l’été font échos aux bruits de l’hiver qui voient l’homme contemporain vivre à flux tendu, dans une course en avant effrénée, capables d’assourdir toute une existence. Le service de Marthe nous renvoie aux bruits de nos vies et nous serions alors tentés de « tomber dans ce panneau » qui consisterait à accuser du doigt cette pauvre Marthe, dont il faudrait reconnaître qu’elle se décarcasse pour une noble cause : que son Seigneur soit servi au mieux. Dire qu’il faut privilégier Marie au profit de Marthe serait en rester à un discours moralisateur, simpliste et facile. Certes Marie a la meilleure part mais Marthe n’est pas remise en cause dans ce qu’elle vit. Jésus lui fait remarquer qu’au cœur de son travail il lui faut apprendre aussi à écouter et que le service de la nourriture ne s’oppose pas à celui de l’écoute. Comme disait quelqu’un : « quand je suis reçu à une table j’aime être nourri mais aussi écouté ». Jésus est nourri par Marthe et écouté par Marie. Le reproche qui est adressé à Marthe tient au fait que Marthe a pointé du doigt l’attitude de Marie, comme si cette attitude là était étrangère à son service. Or Marthe, à travers son œuvre, est aussi capable d’être à l’écoute des silences ou de la Parole de Dieu qui retentit, crie et vient frapper à la porte. Son agitation dit quelque chose de ce qu’elle ressent, de ce qu’elle vit. Il dit aussi quelque chose de Dieu. Les bruits de nos agitations, en effet, ne sont jamais vides de sens. Encore faut-il être à leur écoute. Que nous disent-ils ? Ce sont des religieuses Xavières qui m’ont, si ce n’est ouverts les yeux, au moins ouvert les oreilles. «Ce que me disent les humains par leur bruit ? écrit l’une d’entre elle (N° 77 de leur revue Dialogue « au cœur des bruits du monde). J’y entends la soif de vivre, de découvrir et la fuite devant ce qui fait mal, j’y entends aussi la désolation de la destruction, le désir de communiquer et la tentation de s’isoler, l’aspiration au davantage de vie, au davantage d’humanité, j’y entends des appels au secours et de la détresse, j’y entends ceux qui ne cherchent plus ». Voilà ce que nous sommes capables d’entendre dans l’agitation d’aujourd’hui. Des choses négatives, destructrices mais aussi, et surtout, des désirs, des envies, une soif de vivre. Entendre tout cela c’est entendre l’homme vivre. Ne plus avoir envie ou ne pas avoir envie comme on l’entend parfois de nos jours est justement ce qui enferme l’homme dans la mort. Vous savez, cette attitude qui consiste à dire : « je n’ai pas envie, ce n’est pas intéressant » qui met un point final à toute discussion, qui empêche toute sortie, toute rencontre et condamne à l’immobilisme, voire même à la paralysie. C’est de cela que Jésus est venu nous sauver en venant épouser nos désirs de vivre et nous entraîner ; et nous permettre d’en faire un chemin de vie qui porte du fruit. C’est cela que Marthe est appelée à découvrir : elle est pleine de vie, elle est capable de dire la vie, encore faut-il qu’elle sache l’écouter au cœur de ce qui fait son existence sans chrcher à pointer du doigt sa sœur Marie. Le cardinal Panafieu a écrit un livre à recommander cet été pour ceux qui veulent se mettre à l’écoute de la Vie dans leur vie : « Ecoute, mon fils, et ouvre l’oreille de ton cœur ». Un titre qui reprend la règle de Saint Benoît. Un livre qui nous aiderait au cœur des bruits du monde, de nos agitations - toutes aussi légitimes les unes que les autres - à écouter le silence qui nous parle, l’amour qui murmure comme une source, la petitesse et la fragilité de la présence de Dieu . Ce Christ au milieu de nous, « Lui, l’espérance et la gloire », pour reprendre les mots de Paul. Cette présence manifestée à Abraham et Sarah comme promesse de Vie. Il n’y aura pas de vie féconde, heureuse, qui porte du fruit si nous ne vivons pas notre vie intensément, comme un moment où l’on se donne et où on se reçoit. « La prière, écrivait donc Monseigneur Panafieu, n’est-elle pas dans l’instant accompli du temps, le fait d’éprouver l’éternité ou encore, selon l’expression de saint Cyrille d’Alexandrie : "la manière de s’exercer à la Résurrection" ». C’était tout le problème de Marthe, elle qui, à la différence de Marie avait pourtant bien vu que son frère ressusciterait au dernier jour. Jésus la reprendra à nouveau dans l’Evangile du Jour : « Je suis la résurrection » lui dira-t-il pour lui faire entendre que la Vie plus forte que la mort c’est aujourd’hui qu’elle se présente à nous, c’est aujourd’hui que nous sommes invités à la vivre. Dans ces longues soirées d’été ou bien dans la vie trépidante de nos hivers Jésus nous invite à ne pas passer à côté d’elle sans la voir, sans l’entendre, sans en vivre. Amen.
Fête de Saint Eloi. 14 juillet 2010
Homélie du 14 juillet 2010
Fête de Saint Eloi à Trets
Père Brice de Roux
Fête de Saint Eloi à Trets
Père Brice de Roux
textes : Eph 4, 1-6 et Mt 11, 28-30
Le Joug, le Gaillardet que Jésus nous propose est facile à porter...
L’humain a ceci de particulier : il est un trésor qui demande, pour le guider, une âme d’orfèvre. Eloi l’avait bien compris. Lui qui conseilla les princes et les puissants de son temps n’oublia jamais son métier d’orfèvre. Et lorsque le roi Dagobert avait les idées de travers il savait, habilement, les remettre en place, les remettre à l’endroit.
Où donc, Eloi, puisait-il cette sagesse, ce savoir-faire, cet art de savoir où toucher l’âme d’un homme afin qu’il puisse devenir artisan de communion ? Il le puisait en ce lieu intime de lui-même, en son cœur où il avait fait l’expérience de la communion.
Dans la première lecture que nous venons d’entendre ; Saint Paul, lui-même, nous donne des conseils. Il pouvait se permettre des recommandations car, au cœur de la fougue qui l’habitait, il avait fait lui aussi une expérience. L’expérience de l’humilité, de la douceur, de la patience, de la charité, de l’unité et de la paix. Lui l’impétueux, lui l’orgueilleux, lui le coureur de fond qui poursuivait sa couronne de gloire ne s’est jamais lassé de son tempérament parfois quelque peu encombrant. Il avait fait cette expérience de Dieu qui, non seulement l'avait fait tombé de cheval, mais plus encore l'avait remis debout et lui avait permis d’enfourcher cette monture extraordinaire qu’est le zèle à annoncer cette Bonne Nouvelle de la Vie plus forte que la mort. Cette Bonne Nouvelle est que nous sommes faits pour la Vie. Cette Vie de la convivialité comme celle que nous partagerons à table tout à l’heure, Vie de l’audace qui ne fait pas peur d’annoncer la couleur, Vie de communion qui fait se rencontrer, se rassembler, Vie du respect qui donne à l’autre d’exister avant de le critiquer et de le lapider de ces pierres modernes qui donnent la mort, que l’on appelle la calomnie et le mensonge, Vie de la paix qui apaise et donne de murmurer le doux rythme de la vie. Cette expérience, Paul la décrit aux Ephésiens car il l’a vécu lui-même en tombant et en se relavant, en étant plongé comme dans les eaux du baptême et en revenant à la Vie de manière définitive et pour la vie éternelle. Ainsi en a-t-il été pour Paul. Ainsi en a-t-il été pour Eloi. Ainsi en est-il pour les saints. Ainsi en est-il pour chacun d’entre nous appelés à devenir des saints. C’est-à-dire des hommes et des femmes qui ne fuient pas leur responsabilité mais y trouvent un chemin de vrai bonheur et de réussite. Saint Eloi, à son époque, s’est engagé dans la vie de la Cité, dans la vie politique de son temps comme chacun de vous y est appelé aujourd’hui. Non pas pour assouvir son désir de pouvoir, ni même pour régler ses comptes personnels ou bien ronger son frein de rancune ou de rancœur mais pour construire un lieu de Vie, un vivre ensemble… et cela demande une âme d’orfèvre qui connaît son matériaux quelle que soit sa valeur. C’est ainsi qu’Eloi a sculpté des trônes pour son roi comme des outils du quotidien. C’est ainsi qu’il prodiguait douceur et fermeté, agilité et beauté aux biens destinés aux plus riches comme aux plus pauvres, aux puissants comme aux maréchaux-ferrants.
Pour nous aujourd’hui, appelés à être des constructeurs, à être des artisans de paix, appelés à nous engager dans la construction de la Cité, où pourrons-nous, Frères et Sœurs, puiser une telle habileté et une telle douceur si ce n’est en ce visage de celui qui nous dit : « venez à moi vous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos ». Ce visage est celui de ce Dieu d’Amour qui se révèle à nous en Jésus-Christ. Il nous promet « un joug aisé ». Ici à Trets, et vous l’avez amené en procession, nous avons cette belle tradition du « gaillardet ». Cette bride, si je peux dire, par laquelle on mène le cheval. Et bien Jésus nous invite à nous laisser conduire sur des chemins de Vie. Non pas en nous accablant d’un fardeau mais en nous proposant un « gaillardet » par lequel Il nous conduira en ces lieux de nourriture, d’herbe fraîche, de source de vie éternelle pour nous fortifier, nous rendre « gaillard », nous rendre en bonne santé du corps et du cœur. N’est-ce pas ce que nous allons célébrer dans l’Eucharistie maintenant ? Dieu nous y a conduit pour se donner lui-même en nourriture et nous rendre forts de sa présence. Je n’ai pas d’autre désir que de voir les artisans de cette fête de la saint Eloi et de saint Christophe devenir ces orfèvres où à travers leur fête ils puissent nous donner le témoignage de la communion, de la paix le temps d’une fête, mais aussi pour ce tous les jours, de notre village. C’est une manière d’être frères ensemble, d’être confrères, d’être membres d’une même confrérie. Amen.
Où donc, Eloi, puisait-il cette sagesse, ce savoir-faire, cet art de savoir où toucher l’âme d’un homme afin qu’il puisse devenir artisan de communion ? Il le puisait en ce lieu intime de lui-même, en son cœur où il avait fait l’expérience de la communion.
Dans la première lecture que nous venons d’entendre ; Saint Paul, lui-même, nous donne des conseils. Il pouvait se permettre des recommandations car, au cœur de la fougue qui l’habitait, il avait fait lui aussi une expérience. L’expérience de l’humilité, de la douceur, de la patience, de la charité, de l’unité et de la paix. Lui l’impétueux, lui l’orgueilleux, lui le coureur de fond qui poursuivait sa couronne de gloire ne s’est jamais lassé de son tempérament parfois quelque peu encombrant. Il avait fait cette expérience de Dieu qui, non seulement l'avait fait tombé de cheval, mais plus encore l'avait remis debout et lui avait permis d’enfourcher cette monture extraordinaire qu’est le zèle à annoncer cette Bonne Nouvelle de la Vie plus forte que la mort. Cette Bonne Nouvelle est que nous sommes faits pour la Vie. Cette Vie de la convivialité comme celle que nous partagerons à table tout à l’heure, Vie de l’audace qui ne fait pas peur d’annoncer la couleur, Vie de communion qui fait se rencontrer, se rassembler, Vie du respect qui donne à l’autre d’exister avant de le critiquer et de le lapider de ces pierres modernes qui donnent la mort, que l’on appelle la calomnie et le mensonge, Vie de la paix qui apaise et donne de murmurer le doux rythme de la vie. Cette expérience, Paul la décrit aux Ephésiens car il l’a vécu lui-même en tombant et en se relavant, en étant plongé comme dans les eaux du baptême et en revenant à la Vie de manière définitive et pour la vie éternelle. Ainsi en a-t-il été pour Paul. Ainsi en a-t-il été pour Eloi. Ainsi en est-il pour les saints. Ainsi en est-il pour chacun d’entre nous appelés à devenir des saints. C’est-à-dire des hommes et des femmes qui ne fuient pas leur responsabilité mais y trouvent un chemin de vrai bonheur et de réussite. Saint Eloi, à son époque, s’est engagé dans la vie de la Cité, dans la vie politique de son temps comme chacun de vous y est appelé aujourd’hui. Non pas pour assouvir son désir de pouvoir, ni même pour régler ses comptes personnels ou bien ronger son frein de rancune ou de rancœur mais pour construire un lieu de Vie, un vivre ensemble… et cela demande une âme d’orfèvre qui connaît son matériaux quelle que soit sa valeur. C’est ainsi qu’Eloi a sculpté des trônes pour son roi comme des outils du quotidien. C’est ainsi qu’il prodiguait douceur et fermeté, agilité et beauté aux biens destinés aux plus riches comme aux plus pauvres, aux puissants comme aux maréchaux-ferrants.
Pour nous aujourd’hui, appelés à être des constructeurs, à être des artisans de paix, appelés à nous engager dans la construction de la Cité, où pourrons-nous, Frères et Sœurs, puiser une telle habileté et une telle douceur si ce n’est en ce visage de celui qui nous dit : « venez à moi vous qui peinez sous le poids du fardeau et je vous procurerai le repos ». Ce visage est celui de ce Dieu d’Amour qui se révèle à nous en Jésus-Christ. Il nous promet « un joug aisé ». Ici à Trets, et vous l’avez amené en procession, nous avons cette belle tradition du « gaillardet ». Cette bride, si je peux dire, par laquelle on mène le cheval. Et bien Jésus nous invite à nous laisser conduire sur des chemins de Vie. Non pas en nous accablant d’un fardeau mais en nous proposant un « gaillardet » par lequel Il nous conduira en ces lieux de nourriture, d’herbe fraîche, de source de vie éternelle pour nous fortifier, nous rendre « gaillard », nous rendre en bonne santé du corps et du cœur. N’est-ce pas ce que nous allons célébrer dans l’Eucharistie maintenant ? Dieu nous y a conduit pour se donner lui-même en nourriture et nous rendre forts de sa présence. Je n’ai pas d’autre désir que de voir les artisans de cette fête de la saint Eloi et de saint Christophe devenir ces orfèvres où à travers leur fête ils puissent nous donner le témoignage de la communion, de la paix le temps d’une fête, mais aussi pour ce tous les jours, de notre village. C’est une manière d’être frères ensemble, d’être confrères, d’être membres d’une même confrérie. Amen.
Solennité de la naissance de saint Jean Baptiste. Jeudi 24 juin 2010
Homélie du 24 juin 2010 à Trets.
Fête de Saint Jean Baptiste, patron de Trets.
Messe des « Petits Saints Jean »
Père Brice de Roux
Fête de Saint Jean Baptiste, patron de Trets.
Messe des « Petits Saints Jean »
Père Brice de Roux
Jean Baptiste nous montre le Chemin
Jean-Baptiste est un visage à la charnière de l’Alliance entre Dieu et les hommes qui a quelque chose à nous dire, à nous, qui sommes à la charnière de notre histoire. Visage de l’antiquité et de la nouveauté, Jean-Baptiste est né de l’union, de l’amour et de la fidélité de deux vieillards et il se manifeste au monde comme un prophète dès les entrailles de sa mère. La nouveauté qu’il incarne vient de ce lieu de la Vie, de ces entrailles qui donnent au monde la Vie mais qui savent aussi s’émouvoir du difficile et tressaillir d’allégresse pour reconnaître ce qui est beau et bon. On dit de Jean-Baptiste qu’il est le précurseur car, dès avant sa naissance, il a endossé les habits de sa mission qui consiste à aider le monde dans son discernement de ce qui est bien et de ce qui est mal. Apprendre à dire, apprendre à reconnaître le Bien comme bien et le Mal comme mal est une manière pour Jean-Baptiste d’inscrire ceux à qui il s’adresse sur un chemin de liberté. Tout à l’heure nous poserons ce geste qui consiste à passer sous son buste. Il faudra se baisser comme cette multitude d’hommes et de femmes ont su le faire dans les eaux du Jourdain pour dire leur volonté de conversion, de changement de vie. Et se convertir c’est faire le choix de la vie ! Et c’est en cet acte de conversion, de choix, de changement que l’humanité se relève, se met debout et rencontre le vrai visage de Dieu. Un Dieu qui ouvre des temps nouveaux, qui vient déchirer le silence du monde comme au jour d’une naissance où le cri d’un enfant déchire l’inquiétude, l’angoisse et le silence de ceux qui l’entourent. Au jour de la naissance de Jean-Baptiste, aime à dire saint Augustin, le voile du silence est comme déchiré en préfiguration du voile du temple déchiré par le cri de l’Amour de Dieu venu rejoindre les hommes jusqu’en ces lieux de l’abandon, afin que la solitude et l’isolement soient anéantis et vaincus par la Vie éternelle désormais répandue sur le monde, à travers le cœur de Dieu transpercé duquel coule du sang et de l’eau.
En un monde qui ne sait plus où donner de la tête au point que, l’exemple d’une vie est attendue et cherchée sur un terrain de football, fut-il celui d’une coupe du monde, Jean-Baptiste a quelque chose à nous dire. Ou plutôt à nous montrer. Un jeu, un sport devenu le lieu des psychodrames d’une nation toute entière ne peut pas laisser indifférent. Non pas à cause du psychodrame en question. Mais parce qu’il révèle combien toute une nation a cherchée auprès de joueurs de football un exemple qu’une société, une famille n’a pas été capable d’offrir ou de transmettre. Il révèle cette pauvreté, cette absence de sens et d’exemple dans une vie au point que le ludique et le divertissant deviennent affaire nationale. La déception est la seule issue pour ceux qui n’ont pas d’espérance et qui la mette en la futilité d’une activité sportive. Je ne suis pas en train de critiquer le sport, mais je souligne qu’il est urgent de lui donner sa place et sa juste place. Cette place du jeu que l’on gagne quand on est bon et que l’on perd quand on est mauvais sans perdre le plaisir d’une rencontre où chacun a pu donner le meilleur de soi-même. Chercher un ou des exemples quand on est perdu est légitime mais la quête de tout homme ne peut pas se contenter d’un exemple pour marcher et vivre. Il a besoin d’un chemin sur lequel pouvoir faire l’expérience de sa liberté et de son existence. Un chemin de paix, un chemin de vie, un chemin d’espérance, un chemin d’amour qui part du cœur de tout homme et y retourne. Car c’est là, au plus intime de la vie des hommes que se joue l’avenir d’une histoire personnelle, d’une famille, d’une nation. C’est là que se prennent les décisions véritables et c’est là que prennent naissance les actes qui construisent les rencontres, les dialogues, les débats d’un monde plus juste et plus fraternel. Jean-Baptiste est celui qui montre du doigt ce chemin. Un Chemin qui a un visage et un nom. Un chemin que je peux appeler par son prénom, aux yeux de qui j’ai du prix, quoique me dise la société dans laquelle je vis. Un chemin qui m’appelle et s’offre à nous. Un chemin qui s’appelle Jésus, ce Dieu qui nous dit : « je suis le chemin la vérité et la vie », qui nous permet de marcher librement, qui nous rend vrais, qui nous rend à la Vie. « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » nous dit Jean Baptiste en montrant du doigt ce chemin, en nous montrant du doigt Jésus. Il enlève nos entraves et nous sauve de nos ignorances. Le monde a besoin de Jean-Baptiste qui montrent du doigt Jésus, ce chemin de vie. Et vous, les enfants, vous êtes pour nous des « petits Saint Jean ». Amen.
En un monde qui ne sait plus où donner de la tête au point que, l’exemple d’une vie est attendue et cherchée sur un terrain de football, fut-il celui d’une coupe du monde, Jean-Baptiste a quelque chose à nous dire. Ou plutôt à nous montrer. Un jeu, un sport devenu le lieu des psychodrames d’une nation toute entière ne peut pas laisser indifférent. Non pas à cause du psychodrame en question. Mais parce qu’il révèle combien toute une nation a cherchée auprès de joueurs de football un exemple qu’une société, une famille n’a pas été capable d’offrir ou de transmettre. Il révèle cette pauvreté, cette absence de sens et d’exemple dans une vie au point que le ludique et le divertissant deviennent affaire nationale. La déception est la seule issue pour ceux qui n’ont pas d’espérance et qui la mette en la futilité d’une activité sportive. Je ne suis pas en train de critiquer le sport, mais je souligne qu’il est urgent de lui donner sa place et sa juste place. Cette place du jeu que l’on gagne quand on est bon et que l’on perd quand on est mauvais sans perdre le plaisir d’une rencontre où chacun a pu donner le meilleur de soi-même. Chercher un ou des exemples quand on est perdu est légitime mais la quête de tout homme ne peut pas se contenter d’un exemple pour marcher et vivre. Il a besoin d’un chemin sur lequel pouvoir faire l’expérience de sa liberté et de son existence. Un chemin de paix, un chemin de vie, un chemin d’espérance, un chemin d’amour qui part du cœur de tout homme et y retourne. Car c’est là, au plus intime de la vie des hommes que se joue l’avenir d’une histoire personnelle, d’une famille, d’une nation. C’est là que se prennent les décisions véritables et c’est là que prennent naissance les actes qui construisent les rencontres, les dialogues, les débats d’un monde plus juste et plus fraternel. Jean-Baptiste est celui qui montre du doigt ce chemin. Un Chemin qui a un visage et un nom. Un chemin que je peux appeler par son prénom, aux yeux de qui j’ai du prix, quoique me dise la société dans laquelle je vis. Un chemin qui m’appelle et s’offre à nous. Un chemin qui s’appelle Jésus, ce Dieu qui nous dit : « je suis le chemin la vérité et la vie », qui nous permet de marcher librement, qui nous rend vrais, qui nous rend à la Vie. « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » nous dit Jean Baptiste en montrant du doigt ce chemin, en nous montrant du doigt Jésus. Il enlève nos entraves et nous sauve de nos ignorances. Le monde a besoin de Jean-Baptiste qui montrent du doigt Jésus, ce chemin de vie. Et vous, les enfants, vous êtes pour nous des « petits Saint Jean ». Amen.
12° dimanche du Temps Ordinaire. Dimanche 20 juin 2010
Dimanche 20 juin 2010 :
Eglise de Trets.
Frère Jean-Philippe Revel
Donner, c'est gagner
Frères et sœurs, cette page d’évangile est tout à fait au centre de notre foi. Elle est même le résumé de notre foi. Quand Jésus interroge ses disciples : « pour vous qui suis-je ? » Ils répondent : « le Messie de Dieu », c'est-à-dire l’Envoyé de Dieu, celui que Dieu a oint de sa grâce ; et nous attendrions à ce que Jésus reprenne ce thème de la gloire de Dieu qui repose sur lui. Or que nous dit-il ? Il faut que l’homme souffre beaucoup, que le fils de l’homme souffre beaucoup. Qu’il soit rejeté, qu’il soit tué pour que le troisième jour il ressuscite. Voilà que le Messie de Dieu, l’Envoyé de Dieu, celui que Dieu a oint est venu pour être rejeté, pour souffrir, pour mourir, pour être tué. Et Jésus continue. Ce qui est vrai du Fils de l’Homme est vrai de tous les chrétiens. « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».
Tout le mystère de la vie chrétienne est dans cette croix du Christ qui nous unit à lui dans son sacrifice. Et voici la phrase décisive : « si vous voulez sauvez votre vie, vous la perdrez. Mais celui qui donne sa vie à cause de moi, la sauvera ». Il faut donner. On ne possède que ce que l’on donne. On ne peut pas amasser, il faut ouvrir les mains. Et c’est en recevant que l’on peut répandre la présence et la joie du Christ.
Alors les textes qui précèdent et qui sont mystérieux s’illuminent à la lumière de cette certitude que donner, c’est gagner, c’est recevoir, c’est posséder.
Le premier texte est tiré du prophète Zacharie. C’est un très mystérieux oracle où le prophète Zacharie dit qu’il va répandre sur le peuple de Dieu, symbolisé par Jérusalem et par la maison de David, il va répandre l’esprit de bonté et de supplication. C’est bien ce que nous attendons du Messie, il va répandre un esprit, son esprit, l’Esprit Saint, l’esprit de supplication, l’esprit de lumière et de joie. Il va répandre cet esprit, et comment cela se fait-il ? Ils lèveront les yeux vers Celui qu’ils ont transpercé. C’est le fait que le Christ en croix est transpercé. Vous vous souvenez, le soldat est venu avec une lance et comme il a trouvé Jésus déjà mort, ils lui ont donné le coup de grâce en transperçant son cœur avec cette lance. Et de cette lance qui a transpercé son cœur, coule du sang, le sang du sacrifice, et de l’eau, l’eau du baptême. Voilà que nous avançons d’un pas : pour donner sa vie, nous recevons le baptême qui est la force de ce don qui nous traverse. C’est en transperçant le côté du Christ et en regardant Celui qui a été transpercé que se répand sur nous l’esprit de grâce et de supplication. Le troisième jour il ressuscitera. La résurrection du Christ c’est cet esprit qui nous est donné et qui nous est donné par le côté transpercé du Christ. Et c’est pourquoi le texte de Zacharie continue. Ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique car la mort du Christ en croix est le lieu de notre lamentation et de notre tristesse. Mais en ce jour-là, il y aura une source. Voici encore le baptême. Une source qui jaillira pour la maison de David, pour laver les habitants de Jérusalem de leurs péchés, de leurs souillures. C’est bien par l’eau du baptême, par la source du baptême qui jaillit du côté transpercé du Christ que nous sommes invités à donner notre vie avec le Christ pour ressusciter avec le Christ. Et alors, nous serons tous un seul peuple, mieux encore nous serons tous ensemble le Corps du Christ. C’est ce que nous dit saint Paul dans la deuxième lecture. « Il n’y a plus ni Juif, ni païen ». La barrière de haine qui séparait les Juifs des païens est tombée. C’est ce que saint Paul nous dit dans une autre épître, celle aux Ephésiens. « Il n’y a plus ni Juif, ni païen, il n’y a plus ni esclave, ni homme libre, il n’y a plus homme et femme, tous vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus », dans le Corps du Christ Jésus. Vous êtes la descendance d’Abraham, et l’héritage que Dieu a promis, c’est à vous qu’il revient. Voilà le mystère du baptême dans lequel Marie va être plongée. Plongé dans la cuve baptismale , nous dit saint Paul dans une autre épître, comme on est enseveli dans un tombeau, dans la mort du Christ ; et rejaillissant de cette piscine baptismale, pour une vie nouvelle, pour la vie du Christ ressuscité. Et chacun d’entre nous qui sommes baptisés, nos avons été plongés dans cette mort du Christ. Nous avons été plongés dans cette eau qui a jailli du côté du Christ transpercé. Nous avons été ensevelis avec Lui dans la mort pour ressusciter avec Lui pour une vie nouvelle, une vie qui ne finira jamais. Celui qui donne sa vie la sauvera. C’est tout le mystère dans lequel nous voulons introduire Marie et dans lequel nous avons chacun à nous introduire tous les jours car la grâce du baptême n’est pas simplement pour un jour, elle est pour tous les jours. Nous vivons de l’Esprit qui nous a été donné à notre baptême. Et c’est cet Esprit qui va conduire Magali pour qu’elle prenne part au repas des chrétiens qui est le repas du Christ. De ce repas où Jésus nous donne son corps à manger, son sang à boire. Pour que nous puissions devenir nous-mêmes présence du corps vivant du Christ, présence du sang donné en sacrifice.
Tu vas recevoir en vérité dans ce pain le Corps du Christ, tu vas recevoir dans ce vin le Sang du Christ. Le Christ va venir irriguer toute ta vie, c’est l’accomplissement de ton baptême. Ce baptême que tu as reçu et que Marie va recevoir, tu l’accomplis chaque dimanche, si tu le veux, en venant au repas du Christ et en devenant ainsi présence du Christ dans le monde.
Frères et sœurs que nous soyons tous habités par cette certitude, l’eau qui jailli du côté du Christ, le sang que Magali va boire pour la première fois avec nous, cette eau et ce sang sont pour nous la source de la Vie, de la vraie Vie, celle que l’on ne perdra jamais. Amen.
Petit mot de Monseigneur Viti à Puyloubier le 17 juin 2010
Jeudi 17 juin 2010
A l’issue de la Messe avec et pour les malades à Saint Pancrace (Puyloubier)
Monseigneur Francisco Viti
A l’issue de la Messe avec et pour les malades à Saint Pancrace (Puyloubier)
Monseigneur Francisco Viti
D’abord parce que vous m’avez accepté à concélébrer avec vous le mystère de l’union du ciel et de la terre. Dieu nous a créé dans la communion. On n’est jamais seul, jamais ! Dès le moment, dès la création de la femme et de l’homme, et toute autre chose, Dieu nous a appelés à la communion avec Lui.
J’ai une grande expérience de la souffrance. On m’appelle Francisco, le ressuscité des morts. J’ai fais mes études avec une permission spéciale d’aller me coucher quand je voulais. La tête était bonne, mais le reste était malade, très malade. J’ai appris a me confier à Dieu. La Croix, m’a appris à aimer le Seigneur, à participer au mystère de la Croix. Soyez pleine et plein de confiance en Dieu. Dieu est responsable pour vous de vos vies envers Lui-même, parce qu’au-dessus de Dieu il n’y a rien d’autre chose. Mais Il répond à soi-même pour ce que nous sommes. Donc on n’est jamais, jamais seul. Quand vous ne comprenez pas votre souffrance, dites moi je ne la comprends pas, pas même ma maman, pas mon papa, s’ils étaient encore en vie. Mais je me donne, je m’abandonne à Toi, c’est la prière. J’ai eu des moments où je ne pouvais pas prier… Même comme les bêtes, la souffrance était terrible, les douleurs. Et ma prière était seulement ça : »Dieu tu es mon père, ta volonté soit faite » et j’étais heureux. Les gens qui venaient me voir en me demandant si j’étais bien, si j’avais bien dormi. Je disais, j’ai très mal dormi, mais en souriant puisque je prêche l’accomplissement de la volonté de Dieu de revenir pour pratiquer ce que je vous enseigne.
Pour vous dire, aimez le Seigneur, aimez votre prochain, sans condition. Vous vivrez déjà le début de votre salut éternel, le paradis sera déjà dans vos cœurs.
Merci chers amis, pour la générosité de m’avoir accepté. Merci mon frère et ami, vous êtes Brice. Alors je suis très content c’est le cadeau le plus beau que vous m’avez donné en me permettant de concélébrer avec vous l’Eucharistie. Moi je viens d’Afrique, le continent qui a été un grand marché de la personne humaine ; traite pratiquée de soi-disant chrétiens. Mais je ne changerai jamais mon amour du Christ pour de nouveaux messies, jamais ! Je ne changerai jamais mon amour envers Dieu et envers son image, la personne humaine n’ importe où elle se trouve. Restons unis, il y a trop de messies, les messies de la perdition. Gardez la foi, maintenant et jusqu’au moment de la rencontre définitive avec notre mère patrie. Nous ne nous séparerons jamais des papas et des mamans, nous disons notre mère patrie, le ciel. Gardez l’amour, gardez la charité, pleine confiance en Dieu. Qu’Il soit avec vous maintenant et toujours. Amen
J’ai une grande expérience de la souffrance. On m’appelle Francisco, le ressuscité des morts. J’ai fais mes études avec une permission spéciale d’aller me coucher quand je voulais. La tête était bonne, mais le reste était malade, très malade. J’ai appris a me confier à Dieu. La Croix, m’a appris à aimer le Seigneur, à participer au mystère de la Croix. Soyez pleine et plein de confiance en Dieu. Dieu est responsable pour vous de vos vies envers Lui-même, parce qu’au-dessus de Dieu il n’y a rien d’autre chose. Mais Il répond à soi-même pour ce que nous sommes. Donc on n’est jamais, jamais seul. Quand vous ne comprenez pas votre souffrance, dites moi je ne la comprends pas, pas même ma maman, pas mon papa, s’ils étaient encore en vie. Mais je me donne, je m’abandonne à Toi, c’est la prière. J’ai eu des moments où je ne pouvais pas prier… Même comme les bêtes, la souffrance était terrible, les douleurs. Et ma prière était seulement ça : »Dieu tu es mon père, ta volonté soit faite » et j’étais heureux. Les gens qui venaient me voir en me demandant si j’étais bien, si j’avais bien dormi. Je disais, j’ai très mal dormi, mais en souriant puisque je prêche l’accomplissement de la volonté de Dieu de revenir pour pratiquer ce que je vous enseigne.
Pour vous dire, aimez le Seigneur, aimez votre prochain, sans condition. Vous vivrez déjà le début de votre salut éternel, le paradis sera déjà dans vos cœurs.
Merci chers amis, pour la générosité de m’avoir accepté. Merci mon frère et ami, vous êtes Brice. Alors je suis très content c’est le cadeau le plus beau que vous m’avez donné en me permettant de concélébrer avec vous l’Eucharistie. Moi je viens d’Afrique, le continent qui a été un grand marché de la personne humaine ; traite pratiquée de soi-disant chrétiens. Mais je ne changerai jamais mon amour du Christ pour de nouveaux messies, jamais ! Je ne changerai jamais mon amour envers Dieu et envers son image, la personne humaine n’ importe où elle se trouve. Restons unis, il y a trop de messies, les messies de la perdition. Gardez la foi, maintenant et jusqu’au moment de la rencontre définitive avec notre mère patrie. Nous ne nous séparerons jamais des papas et des mamans, nous disons notre mère patrie, le ciel. Gardez l’amour, gardez la charité, pleine confiance en Dieu. Qu’Il soit avec vous maintenant et toujours. Amen
Fête du Corps et du Sang du Christ. Dimanche 6 juin 2010
Homélie de la Fête Dieu
dite aussi Fête du Corps et du Sang du Christ
Messe de la kermesse Dimanche 6 juin 2010
Père Brice de Roux
"Prenez, mangez et donnez"
Quand on entend le monde crier sa faim, crier sa soif, que peut-on faire ? Nous sommes comme les apôtres : impuissants. On peut « crâner », prendre de haut les paroles de l’Amour. Nous ne pourrons pas bâtir une vie réussie sur autre chose que l’Amour… au risque de faire l’expérience de notre impuissance. Au risque d’être incapable de répondre à la faim du monde simplement parce que l’on a pas écouté d’abord la faim soudre au cœur de sa vie.
La Pologne dans les années 1980 a crié sa soif de liberté et de justice à la face du monde. Les puissants de ce monde se sont sentis désarmés. Un petit prêtre de rien du tout, au point qu’on pensait le faire taire en le tabassant à mort, a bouleversé le cours des choses de ce monde. Il a renversé la logique de ceux et de celles qui vivaient dans le refus de l’Amour, qui avaient imaginé une civilisation dégagée de toute religion et construite, forcément, sur la haine et la violence. Il a affronté l’oppresseur en face et il a eu raison de lui car il a employé d’autres armes que celles du monde. Il a donné sa vie pour que le Pain de la Justice et de l’Amour soit multiplié, célébré, distribué. Son prénom : Jerzy. Son nom : Popielusko. Il est béatifié aujourd’hui. Personne ne lui a enlevé le goût de la vie et tous ont retrouvé le pain de la vie et le goût de la liberté !
Les gestes de ce prêtre sont les gestes auxquels Jésus nous appelle. Ils sont d’une banalité désarmante : 5 pains et deux poissons. Et du geste du partage a surgit l’abondance. Du geste de la convivialité a surgit une parole pour tous : « prenez et mangez ». Le plus extraordinaire n’est pas dans la faim apaisée mais dans la largesse de la générosité de Dieu. Une largesse qui se puise comme dans la jarre de la veuve de Sarepta, une abondance qui découle du cœur qui sait s’ouvrir à l’autre. Dieu ouvre son cœur… alors s’ouvre pour l’homme un chemin qui appelle à sortir des sentiers battus, des impossibles de l’existence, de ces lieux étriqués dans lesquels nous sommes enfermés.
A vous qui faites votre Première Communion aujourd’hui, je veux vous poser cette question : quelle mesure voulez-vous pour votre vie ? Sur qui, sur quoi voulez-vous la construire ? Voulez-vous d’une vie au « petit bonheur la chance », à la mesure des envies du moment ? Ou bien d’une vie réussie, pleine, large, habitée d’un souffle qui vous entraînera toujours plus haut et vous habitera de sa présence loin de toute solitude ? Vous pouvez faire de votre vie un vrai bonheur si vous savez la nourrir de la Présence de Dieu. Vous pouvez changer le monde si vous savez trouver la source de l’abondance pour vous et pour les autres. Et votre vie pourra répondre à la faim et à la soif des hommes d’aujourd’hui au lieu de les accabler de l’étroitesse de nos esprits.
Cet appel ne s’adresse pas qu’à vous. A travers vous, c’est à chacun de nous qu’il s’adresse. Car poser un acte de première communion c’est venir bousculer nos habitudes, nous obliger à vous laisser une place. C’est venir provoquer en nous la capacité d’être en communion ; cette communion qui habite et parfois sommeille en nous.
Frères et Sœurs, il est temps de nous lever dans le monde d’aujourd’hui et de distribuer le Pain de la Vie autour de nous. Croyez-le : ce pain ne manquera jamais puisqu’il est présence de Dieu et que Dieu ne s’épuise jamais. Mais ce qui pourrait manquer, en revanche, ce sont des disciples qui entendent l’invitation de Jésus : prenez et donnez. Qui prennent et donnent à la mesure de l’Amour de Dieu dont le propre est d’être sans mesure. Le Père Jerzy Popieluzco n’aurait rien été sans le peuple polonais, sans les ouvriers des grandes aciéries de Huta Warszawa, sans Lech Walesa. Toutes proportions gardées, rassurez-vous, votre curé n’aurait plus de sens dans son ministère sans votre présence. Le monde nous attend. Il a faim. Le Pain nous est donné et nous avons répondu présents au geste du partage de Jésus : prenez et donnez. C’est tout le sens de ce que nous célébrons, de la fête que nous célébrons qui nous envoie à la rencontre des hommes et des femmes d'aujourd'hui pour leur porter cette seule présence capable d’apaiser la faim et la soif. La présence du Dieu de l’Amour. Amen.
La Pologne dans les années 1980 a crié sa soif de liberté et de justice à la face du monde. Les puissants de ce monde se sont sentis désarmés. Un petit prêtre de rien du tout, au point qu’on pensait le faire taire en le tabassant à mort, a bouleversé le cours des choses de ce monde. Il a renversé la logique de ceux et de celles qui vivaient dans le refus de l’Amour, qui avaient imaginé une civilisation dégagée de toute religion et construite, forcément, sur la haine et la violence. Il a affronté l’oppresseur en face et il a eu raison de lui car il a employé d’autres armes que celles du monde. Il a donné sa vie pour que le Pain de la Justice et de l’Amour soit multiplié, célébré, distribué. Son prénom : Jerzy. Son nom : Popielusko. Il est béatifié aujourd’hui. Personne ne lui a enlevé le goût de la vie et tous ont retrouvé le pain de la vie et le goût de la liberté !
Les gestes de ce prêtre sont les gestes auxquels Jésus nous appelle. Ils sont d’une banalité désarmante : 5 pains et deux poissons. Et du geste du partage a surgit l’abondance. Du geste de la convivialité a surgit une parole pour tous : « prenez et mangez ». Le plus extraordinaire n’est pas dans la faim apaisée mais dans la largesse de la générosité de Dieu. Une largesse qui se puise comme dans la jarre de la veuve de Sarepta, une abondance qui découle du cœur qui sait s’ouvrir à l’autre. Dieu ouvre son cœur… alors s’ouvre pour l’homme un chemin qui appelle à sortir des sentiers battus, des impossibles de l’existence, de ces lieux étriqués dans lesquels nous sommes enfermés.
A vous qui faites votre Première Communion aujourd’hui, je veux vous poser cette question : quelle mesure voulez-vous pour votre vie ? Sur qui, sur quoi voulez-vous la construire ? Voulez-vous d’une vie au « petit bonheur la chance », à la mesure des envies du moment ? Ou bien d’une vie réussie, pleine, large, habitée d’un souffle qui vous entraînera toujours plus haut et vous habitera de sa présence loin de toute solitude ? Vous pouvez faire de votre vie un vrai bonheur si vous savez la nourrir de la Présence de Dieu. Vous pouvez changer le monde si vous savez trouver la source de l’abondance pour vous et pour les autres. Et votre vie pourra répondre à la faim et à la soif des hommes d’aujourd’hui au lieu de les accabler de l’étroitesse de nos esprits.
Cet appel ne s’adresse pas qu’à vous. A travers vous, c’est à chacun de nous qu’il s’adresse. Car poser un acte de première communion c’est venir bousculer nos habitudes, nous obliger à vous laisser une place. C’est venir provoquer en nous la capacité d’être en communion ; cette communion qui habite et parfois sommeille en nous.
Frères et Sœurs, il est temps de nous lever dans le monde d’aujourd’hui et de distribuer le Pain de la Vie autour de nous. Croyez-le : ce pain ne manquera jamais puisqu’il est présence de Dieu et que Dieu ne s’épuise jamais. Mais ce qui pourrait manquer, en revanche, ce sont des disciples qui entendent l’invitation de Jésus : prenez et donnez. Qui prennent et donnent à la mesure de l’Amour de Dieu dont le propre est d’être sans mesure. Le Père Jerzy Popieluzco n’aurait rien été sans le peuple polonais, sans les ouvriers des grandes aciéries de Huta Warszawa, sans Lech Walesa. Toutes proportions gardées, rassurez-vous, votre curé n’aurait plus de sens dans son ministère sans votre présence. Le monde nous attend. Il a faim. Le Pain nous est donné et nous avons répondu présents au geste du partage de Jésus : prenez et donnez. C’est tout le sens de ce que nous célébrons, de la fête que nous célébrons qui nous envoie à la rencontre des hommes et des femmes d'aujourd'hui pour leur porter cette seule présence capable d’apaiser la faim et la soif. La présence du Dieu de l’Amour. Amen.
Pèlerinage à Saint Ser
Homélie du Pèlerinage à Saint Ser
Lundi de Pentecôte 24 mai 2010 :
Père Brice de Roux
Père Brice de Roux
Ecouter les possibles dans les murmures de Dieu
Simplement un mot après avoir écouté la parole de Dieu. Finalement Saint Ser a entendu ce que le jeune homme de l’évangile que vous venons d’entendre n’a pas entendu.
Ce jeune homme est parti tout triste parce qu’il avait de grands biens, parce que finalement il était encombré de beaucoup de choses, et nous qui sommes venus ici en montant, même si nous avons peut être l’habitude de faire de la marche, nous savons que c’est dans de telles expériences qu’on regrette parfois d’avoir emporté quelque chose de trop lourd et qui nous ralenti dans la marche. Jésus nous invite sur les chemins de nos vies à découvrir ce bonheur, véritable bonheur que d’être tout à ce que l’on fait, de pouvoir entendre, écouter ce qui peut réjouir le cœur d’un homme et d’une femme. Elie dans la première lecture que nous avons entendue a su découvrir la présence de Dieu là où la logique du monde ne l’aurait jamais mise. Dans le monde d’aujourd’hui c’est ce qui est grand, c’est ce qui fait du bruit, c’est ce qui brille qui nous dit quelque chose de ce qui est important, et pourtant… Et pourtant l’essentiel et le nécessaire sont ailleurs, l’essentiel et le nécessaire sont dans cette brise légère dont on entend le murmure.
J’entendais dans une émission à la radio ce matin sur Haïti avec tout ce que l’on connaît de dramatique de ce qui s’est passé là-bas, et certains d’entre vous le savent bien parce que vous vous êtes dépensés pour monopoliser beaucoup d'énergie pour aller construire un dispensaire là-bas. J’entendais donc un Haïtien qui disait : « chez nous quand on a quelque chose de fort à dire, on ne crie pas, on murmure ». Je crois qu’il y a là toute l'attitude d’Elie, qui a su ce mettre à l’écoute de la présence de Dieu, d’un Dieu qui murmure, d’un Dieu qui est de l’ordre d’une brise légère.
Hier nous avons médité cette grande fête de la Pentecôte où l’Esprit Saint a soufflé, le souffle de l’Esprit Saint n’est pas le mistral, le souffle de l’Esprit Saint ne met pas le désordre. C’est vrai que le souffle de l’Esprit Saint nous bouscule quelque part, il met en ordre, ou du moins il met dans un autre ordre, dans cet ordre où tout est possible pour Dieu. Nous qui dans notre monde sommes tellement envahis par ce mot que je n’aime pas du tout parce qu’à mon avis il est de l’ordre d’une attitude sectaire et qu’il exclu les autres, ce mot « impossible ». Comme c’est terrible quand on dit, avant même d’avoir écouté l’autre, de lui avoir dit « c’est impossible ». Alors une fois qu’on a dit ça, qu’est ce qu’on fait, qu’est ce qu’on dit, où va-t-on ?
Et bien ici Saint Ser nous apprend à nous mettre à l’écoute dans le monde qui est le nôtre. De ces possibles que Dieu ouvre dans nos vies et qui ne sont jamais là où on les attend, qui sont souvent de l’ordre de l’inattendu et en tout cas qui ne sont jamais de l’ordre de la logique du monde mais de l’ordre de la logique du cœur de Dieu.
Je termine en faisant remarquer que les ermites se réfugient souvent dans des grottes ; Saint Jérôme et tant d’autres. Et Saint Ser n’échappe pas à la règle. La grotte c’est ce lieu de la terre, d’où nous sommes issus comme du sein maternel. Nous sommes des terriens, nous avons les pieds sur terre. Et si vous ne le saviez pas, si vous pensiez être un ange, la marche que vous avez faite pour venir jusqu’ici a dû vous le rappeler. Dieu est celui qui est venu épouser, épouser l’humanité qui a bien les pieds sur terre. Et c’est là que nous pouvons être à l’écoute de la vie de Dieu et nulle part ailleurs, au plus intime de cette grotte, de la terre, de cette mère qui nous engendre coule toujours une source, comme à Lourdes, comme ici, qui veut nous dire que c’est bien là que nous sommes attendus par Dieu. En ces lieux de la vie où Il nous donne Sa vie à laquelle nous sommes invités sans cesse à venir boire. Encore faut-il que nous ayons les oreilles nécessaires pour entendre le murmure de cette source pour que nous puissions la découvrir et nous y désaltérer.
Amen.
Ce jeune homme est parti tout triste parce qu’il avait de grands biens, parce que finalement il était encombré de beaucoup de choses, et nous qui sommes venus ici en montant, même si nous avons peut être l’habitude de faire de la marche, nous savons que c’est dans de telles expériences qu’on regrette parfois d’avoir emporté quelque chose de trop lourd et qui nous ralenti dans la marche. Jésus nous invite sur les chemins de nos vies à découvrir ce bonheur, véritable bonheur que d’être tout à ce que l’on fait, de pouvoir entendre, écouter ce qui peut réjouir le cœur d’un homme et d’une femme. Elie dans la première lecture que nous avons entendue a su découvrir la présence de Dieu là où la logique du monde ne l’aurait jamais mise. Dans le monde d’aujourd’hui c’est ce qui est grand, c’est ce qui fait du bruit, c’est ce qui brille qui nous dit quelque chose de ce qui est important, et pourtant… Et pourtant l’essentiel et le nécessaire sont ailleurs, l’essentiel et le nécessaire sont dans cette brise légère dont on entend le murmure.
J’entendais dans une émission à la radio ce matin sur Haïti avec tout ce que l’on connaît de dramatique de ce qui s’est passé là-bas, et certains d’entre vous le savent bien parce que vous vous êtes dépensés pour monopoliser beaucoup d'énergie pour aller construire un dispensaire là-bas. J’entendais donc un Haïtien qui disait : « chez nous quand on a quelque chose de fort à dire, on ne crie pas, on murmure ». Je crois qu’il y a là toute l'attitude d’Elie, qui a su ce mettre à l’écoute de la présence de Dieu, d’un Dieu qui murmure, d’un Dieu qui est de l’ordre d’une brise légère.
Hier nous avons médité cette grande fête de la Pentecôte où l’Esprit Saint a soufflé, le souffle de l’Esprit Saint n’est pas le mistral, le souffle de l’Esprit Saint ne met pas le désordre. C’est vrai que le souffle de l’Esprit Saint nous bouscule quelque part, il met en ordre, ou du moins il met dans un autre ordre, dans cet ordre où tout est possible pour Dieu. Nous qui dans notre monde sommes tellement envahis par ce mot que je n’aime pas du tout parce qu’à mon avis il est de l’ordre d’une attitude sectaire et qu’il exclu les autres, ce mot « impossible ». Comme c’est terrible quand on dit, avant même d’avoir écouté l’autre, de lui avoir dit « c’est impossible ». Alors une fois qu’on a dit ça, qu’est ce qu’on fait, qu’est ce qu’on dit, où va-t-on ?
Et bien ici Saint Ser nous apprend à nous mettre à l’écoute dans le monde qui est le nôtre. De ces possibles que Dieu ouvre dans nos vies et qui ne sont jamais là où on les attend, qui sont souvent de l’ordre de l’inattendu et en tout cas qui ne sont jamais de l’ordre de la logique du monde mais de l’ordre de la logique du cœur de Dieu.
Je termine en faisant remarquer que les ermites se réfugient souvent dans des grottes ; Saint Jérôme et tant d’autres. Et Saint Ser n’échappe pas à la règle. La grotte c’est ce lieu de la terre, d’où nous sommes issus comme du sein maternel. Nous sommes des terriens, nous avons les pieds sur terre. Et si vous ne le saviez pas, si vous pensiez être un ange, la marche que vous avez faite pour venir jusqu’ici a dû vous le rappeler. Dieu est celui qui est venu épouser, épouser l’humanité qui a bien les pieds sur terre. Et c’est là que nous pouvons être à l’écoute de la vie de Dieu et nulle part ailleurs, au plus intime de cette grotte, de la terre, de cette mère qui nous engendre coule toujours une source, comme à Lourdes, comme ici, qui veut nous dire que c’est bien là que nous sommes attendus par Dieu. En ces lieux de la vie où Il nous donne Sa vie à laquelle nous sommes invités sans cesse à venir boire. Encore faut-il que nous ayons les oreilles nécessaires pour entendre le murmure de cette source pour que nous puissions la découvrir et nous y désaltérer.
Amen.
Fête de la Trinité. Dimanche 30 mai
Homélie de la Fête de la Sainte Trinité
Dimanche 30 mai 2010 - église de Châteauneuf le Rouge
Dimanche 30 mai 2010 - église de Châteauneuf le Rouge
Père Brice de Roux
Dieu nous invite à dire...
Jésus dit à ses disciples, « qu’Il aurait encore beaucoup de choses à leur dire ». Cela sous-entendrait-il qu’il ne leur à pas tout dit ? En Jésus, en sa mort et sa résurrection, tout est dit. Mais Jésus est celui qui ne nous fait pas porter ce que nous ne pourrions pas porter. Aussi, si tout est dit, les disciples, et nous avec eux, ont encore beaucoup à apprendre à recevoir. Jésus, comme le dit Péguy, est « celui qui en a laissé aux autres » c’est à dire qu’il nous permet de découvrir chaque jour davantage ce qui nous fait vivre, Il ouvre un chemin sur lequel il nous reste à avancer. Et c’est vrai que, par exemple, le signe de la Résurrection est un signe qui nous appelle, qui nous invite, qui ne nous encombre pas : un tombeau vide. Dieu ne nous encombre, ne nous embarrasse jamais. Ce qui est le signe de la Résurrection, c’est le fait que l’absence, même, manifestée au jour de la Croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » est comme retournée, et voilà qu’au jour de la Résurrection l’absence n’est plus le lieu de l’angoisse, l’absence n’est plus le lieu où l’homme est profondément déchiré au plus intime de lui-même, l’absence devient le signe que la vie est plus forte que tout et que la vie est plus forte que la mort.
Et voilà que Jésus va inviter tout ses disciples à entrer sur ce chemin où il a encore quelque chose à nous dire. Mais le Dieu auquel nous croyons est un Dieu qui nous fait avancer petit à petit sur les chemins de nos vies. Bien souvent en traçant le signe de la croix, nous sommes tentés de nous dire que c’est Dieu qui a inventé la croix, alors que Dieu est simplement venu partager les croix ce nos vies, il y en a suffisamment pour que nous n’en rajoutions pas. Dieu est venu jusque là, jusque là pour nous faire entrer dans sa vie qui est la vie qui ne finit pas. Et c’est pour cela que Jésus dit à ses disciples : « pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter, pour l’instant je ne vais pas vous faire porter quelque chose que vous ne pourriez pas porter ». C’est le grand souci de Dieu à notre égard, que nous puissions être des hommes et des femmes debout, libres et non pas accablés par le poids du joug. Dieu vient dans notre vie, et jusqu’en ces lieux que nous n’aurions peut être jamais imaginés pour nous libérer, pour nous sauver. Je trouve que nous ne parlons pas assez du salut que Dieu est venu nous apporter. Dire que Dieu est venu nous sauver, ce n’est pas mépriser notre vie humaine. Dire que nous sommes des pécheurs, ce n’est pas un acte ou un geste culpabilisant à notre égard, c’est la manière avec laquelle nous reconnaissons ces lieux de nos vies qui sont des lieux de pauvreté. Autant de lieux où Dieu peut venir, peut s’y rendre présent pour nous appeler à la liberté. Car quand Dieu se rend présent dans notre vie, c’est toujours pour un appel, c’est toujours pour nous déplacer et ce n’est jamais pour nous laisser enfermer dans ce qui fait les croix de nos vies ou les tombeaux de nos existences.
La Croix est ainsi devenue le signe de la vie et de la vie qui ne finit pas et une vie qui est une vie d’amour.
Aujourd’hui nous célébrons ce grand mystère qu’est la Trinité, qui est la vie même de Dieu. Nous croyons en un seul Dieu qui s’exprime en trois personnes. Pourquoi ? Simplement parce que Dieu est amour. Et que, à partir du moment où nous accueillons cela comme la solidité de notre vie, comme la bonne nouvelle de notre existence, et bien alors, nous ne pouvons pas faire l’économie de cette relation qui existe en Dieu. De ces trois personnes qui s’aiment profondément car l’amour ne se vit pas seul. Si nous croyons en un seul Dieu, de cette nature divine qui est l’amour, cet amour ne peut s’exprimer qu’entre deux personnes. Et quand l’amour s’exprime entre deux personnes, il porte du fruit et de l’un et de l’autre procède une troisième personne comme l’abondance de l’amour qui nous est donné.
Que se passe-t-il en Dieu ? Dieu est ce père, cette source de la vie qui ne tarit jamais, et c’est en cela qu’il s’agit d’un mystère. Vous savez pour nous, les chrétiens, le mystère n’est pas quelque chose d’incompréhensible, le mystère n’est pas quelque chose qui nous tombe sur le coin de la figure et qu’il faudrait que nous mettions en œuvre sans rien comprendre. Ce n’est pas du tout cela le mystère dans la vie du chrétien. Dans la vie du chrétien le mystère c’est de s’approcher de la source d’une lumière qui ne s’éteint jamais. Auprès de laquelle nous n’aurons jamais fini de puiser la lumière dont nous avons besoin pour avancer sur les chemins de notre existence. C’est en ce sens qu’il s’agit d’un mystère. C’est au sens où c’est tellement lumineux qu’il nous faudrait du temps pour que nos yeux et les yeux de notre cœur s’adaptent à cette lumière si vive et si grande. Le Père est la source de cette lumière, source de tout amour, d’un amour qui ne finit pas, que nous ne pouvons pas imaginer tellement il est immense. Dieu est amour. Il n’a pas de l’amour à notre égard. Il est l’amour et de ce plus intime de Lui-même jailli cet amour qui se répand dans le cœur d’un autre qui est celui de son Fils qui jailli lui-même du cœur de son Père et qui se reçoit de son Père, et qui ne sait dire qu’une chose d’amour intraduisible. Saint Paul essayera de nous le faire partager avec cette expression : « Aba », Père. Aba, c’est plein d’affection, plein d’émerveillement. Mon petit papa, papa, enfin, nous ne saurions pas le traduire. Et le fils est émerveillé devant son Père. Et de cet émerveillement il lui rend tout l’amour qu’il reçoit. Et de l’un et de l’autre jaillit cet esprit d’amour. Ce fils dont il est question, c’est ce Jésus venu au milieu de ses disciples, au milieu de notre humanité, pour faire entrer cette humanité dans cette relation entre un père qui aime son fils. Un fils qui se reçoit de son père et lui rend toute grâce et tout amour. Et de l’un et de l’autre cet esprit d’amour ne cesse d’être répandu sur le monde.
Frères et sœurs, Dieu est amour. Ce qui fait que Dieu est Dieu, c’est qu’il est l’être parfait et nous pourrons dire que pour Dieu être c’est être en relation. Et ce mystère de la Trinité que nous méditons aujourd’hui, nous apprend alors nous-mêmes à nous mettre en relation avec Dieu, à découvrir que la relation que nous avons avec Dieu est une relation de fils, de fille vis-à-vis de Dieu et que nous sommes capables, comme Jésus, comme le Fils, parce que Jésus nous a fait entrer dans cette vie de Dieu, en venant Lui-même entrer dans notre vie d’homme. Et bien nous sommes capables de dire à Dieu à notre tour « Aba », père. D’entrer dans cet émerveillement de nous laisser saisir par la vie de Dieu qui entre en nous-mêmes et nous transforme comme elle a transfiguré Jésus pour que nous puissions être alors comme Lui et que nous puissions découvrir que notre relation à Dieu ce n’est pas une relation de soumission, mais c’est une relation où nous nous laissons habiter par sa vie, et que cette vie là vient combler ces lieux de pauvreté dont nous faisons parfois l’expérience et il nous emmène toujours plus loin. Pour vous, tous les trois, qui faites votre première communion aujourd’hui, vous avez à découvrir que Jésus vient dans votre vie et qu’il veut y venir souvent. Chaque fois que nous nous réunissons pour partager ce repas, Dieu se donne en nourriture, et quand on est nourrit, on est fort, on est debout. Si on ne mange pas tout est finit. Ce qui est vrai pour notre corps, est aussi vrai pour notre cœur. Et ainsi, l’Eucharistie est le lieu où vous pouvez découvrir cette relation nouvelle avec Dieu où il vous invite à passer à table avec Lui, relation de convivialité où vous êtes invités à vous nourrir de sa présence, de ce fils qui vous incorpore à ce qu’il est. Et c’est en cela que nous sommes le corps du Christ ensemble. Mais s’il est vrai que nous avons à découvrir que nous sommes capables nous aussi de relations, de cette relation qui est celle du fils vis-à-vis du père, nous sommes aussi invités à découvrir que nous sommes aussi capables d’une autre relation qui est d’être frères vis-à-vis d’autres frères. Car si tous autant que nous sommes nous sommes invités à être des enfants de Dieu, nous avons à découvrir au jour de la fête de la Trinité que la relation avec laquelle nous sommes invités à vivre c’est aussi une relation fraternelle entre nous. Et c’est sans doute pour cela que Jésus n’a pas voulu tout dire de ce qu’il aurait aimé dire à ses disciple : pour qu’il nous en reste à nous dire les uns aux autres. Pour qu’au cœur de ce que nous n’arrivons pas à porter, nous puissions découvrir que le frère, l’autre le porte avec nous. Il porte et nous l’apporte. Amen.
Et voilà que Jésus va inviter tout ses disciples à entrer sur ce chemin où il a encore quelque chose à nous dire. Mais le Dieu auquel nous croyons est un Dieu qui nous fait avancer petit à petit sur les chemins de nos vies. Bien souvent en traçant le signe de la croix, nous sommes tentés de nous dire que c’est Dieu qui a inventé la croix, alors que Dieu est simplement venu partager les croix ce nos vies, il y en a suffisamment pour que nous n’en rajoutions pas. Dieu est venu jusque là, jusque là pour nous faire entrer dans sa vie qui est la vie qui ne finit pas. Et c’est pour cela que Jésus dit à ses disciples : « pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter, pour l’instant je ne vais pas vous faire porter quelque chose que vous ne pourriez pas porter ». C’est le grand souci de Dieu à notre égard, que nous puissions être des hommes et des femmes debout, libres et non pas accablés par le poids du joug. Dieu vient dans notre vie, et jusqu’en ces lieux que nous n’aurions peut être jamais imaginés pour nous libérer, pour nous sauver. Je trouve que nous ne parlons pas assez du salut que Dieu est venu nous apporter. Dire que Dieu est venu nous sauver, ce n’est pas mépriser notre vie humaine. Dire que nous sommes des pécheurs, ce n’est pas un acte ou un geste culpabilisant à notre égard, c’est la manière avec laquelle nous reconnaissons ces lieux de nos vies qui sont des lieux de pauvreté. Autant de lieux où Dieu peut venir, peut s’y rendre présent pour nous appeler à la liberté. Car quand Dieu se rend présent dans notre vie, c’est toujours pour un appel, c’est toujours pour nous déplacer et ce n’est jamais pour nous laisser enfermer dans ce qui fait les croix de nos vies ou les tombeaux de nos existences.
La Croix est ainsi devenue le signe de la vie et de la vie qui ne finit pas et une vie qui est une vie d’amour.
Aujourd’hui nous célébrons ce grand mystère qu’est la Trinité, qui est la vie même de Dieu. Nous croyons en un seul Dieu qui s’exprime en trois personnes. Pourquoi ? Simplement parce que Dieu est amour. Et que, à partir du moment où nous accueillons cela comme la solidité de notre vie, comme la bonne nouvelle de notre existence, et bien alors, nous ne pouvons pas faire l’économie de cette relation qui existe en Dieu. De ces trois personnes qui s’aiment profondément car l’amour ne se vit pas seul. Si nous croyons en un seul Dieu, de cette nature divine qui est l’amour, cet amour ne peut s’exprimer qu’entre deux personnes. Et quand l’amour s’exprime entre deux personnes, il porte du fruit et de l’un et de l’autre procède une troisième personne comme l’abondance de l’amour qui nous est donné.
Que se passe-t-il en Dieu ? Dieu est ce père, cette source de la vie qui ne tarit jamais, et c’est en cela qu’il s’agit d’un mystère. Vous savez pour nous, les chrétiens, le mystère n’est pas quelque chose d’incompréhensible, le mystère n’est pas quelque chose qui nous tombe sur le coin de la figure et qu’il faudrait que nous mettions en œuvre sans rien comprendre. Ce n’est pas du tout cela le mystère dans la vie du chrétien. Dans la vie du chrétien le mystère c’est de s’approcher de la source d’une lumière qui ne s’éteint jamais. Auprès de laquelle nous n’aurons jamais fini de puiser la lumière dont nous avons besoin pour avancer sur les chemins de notre existence. C’est en ce sens qu’il s’agit d’un mystère. C’est au sens où c’est tellement lumineux qu’il nous faudrait du temps pour que nos yeux et les yeux de notre cœur s’adaptent à cette lumière si vive et si grande. Le Père est la source de cette lumière, source de tout amour, d’un amour qui ne finit pas, que nous ne pouvons pas imaginer tellement il est immense. Dieu est amour. Il n’a pas de l’amour à notre égard. Il est l’amour et de ce plus intime de Lui-même jailli cet amour qui se répand dans le cœur d’un autre qui est celui de son Fils qui jailli lui-même du cœur de son Père et qui se reçoit de son Père, et qui ne sait dire qu’une chose d’amour intraduisible. Saint Paul essayera de nous le faire partager avec cette expression : « Aba », Père. Aba, c’est plein d’affection, plein d’émerveillement. Mon petit papa, papa, enfin, nous ne saurions pas le traduire. Et le fils est émerveillé devant son Père. Et de cet émerveillement il lui rend tout l’amour qu’il reçoit. Et de l’un et de l’autre jaillit cet esprit d’amour. Ce fils dont il est question, c’est ce Jésus venu au milieu de ses disciples, au milieu de notre humanité, pour faire entrer cette humanité dans cette relation entre un père qui aime son fils. Un fils qui se reçoit de son père et lui rend toute grâce et tout amour. Et de l’un et de l’autre cet esprit d’amour ne cesse d’être répandu sur le monde.
Frères et sœurs, Dieu est amour. Ce qui fait que Dieu est Dieu, c’est qu’il est l’être parfait et nous pourrons dire que pour Dieu être c’est être en relation. Et ce mystère de la Trinité que nous méditons aujourd’hui, nous apprend alors nous-mêmes à nous mettre en relation avec Dieu, à découvrir que la relation que nous avons avec Dieu est une relation de fils, de fille vis-à-vis de Dieu et que nous sommes capables, comme Jésus, comme le Fils, parce que Jésus nous a fait entrer dans cette vie de Dieu, en venant Lui-même entrer dans notre vie d’homme. Et bien nous sommes capables de dire à Dieu à notre tour « Aba », père. D’entrer dans cet émerveillement de nous laisser saisir par la vie de Dieu qui entre en nous-mêmes et nous transforme comme elle a transfiguré Jésus pour que nous puissions être alors comme Lui et que nous puissions découvrir que notre relation à Dieu ce n’est pas une relation de soumission, mais c’est une relation où nous nous laissons habiter par sa vie, et que cette vie là vient combler ces lieux de pauvreté dont nous faisons parfois l’expérience et il nous emmène toujours plus loin. Pour vous, tous les trois, qui faites votre première communion aujourd’hui, vous avez à découvrir que Jésus vient dans votre vie et qu’il veut y venir souvent. Chaque fois que nous nous réunissons pour partager ce repas, Dieu se donne en nourriture, et quand on est nourrit, on est fort, on est debout. Si on ne mange pas tout est finit. Ce qui est vrai pour notre corps, est aussi vrai pour notre cœur. Et ainsi, l’Eucharistie est le lieu où vous pouvez découvrir cette relation nouvelle avec Dieu où il vous invite à passer à table avec Lui, relation de convivialité où vous êtes invités à vous nourrir de sa présence, de ce fils qui vous incorpore à ce qu’il est. Et c’est en cela que nous sommes le corps du Christ ensemble. Mais s’il est vrai que nous avons à découvrir que nous sommes capables nous aussi de relations, de cette relation qui est celle du fils vis-à-vis du père, nous sommes aussi invités à découvrir que nous sommes aussi capables d’une autre relation qui est d’être frères vis-à-vis d’autres frères. Car si tous autant que nous sommes nous sommes invités à être des enfants de Dieu, nous avons à découvrir au jour de la fête de la Trinité que la relation avec laquelle nous sommes invités à vivre c’est aussi une relation fraternelle entre nous. Et c’est sans doute pour cela que Jésus n’a pas voulu tout dire de ce qu’il aurait aimé dire à ses disciple : pour qu’il nous en reste à nous dire les uns aux autres. Pour qu’au cœur de ce que nous n’arrivons pas à porter, nous puissions découvrir que le frère, l’autre le porte avec nous. Il porte et nous l’apporte. Amen.