Journal de l'Unité Pastorale

Journal n° 266 du 20 avril 2014

Editorial :
"Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !" : c'est la victoire de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres. C'est un matin nouveau pour chacun d'entre nous et en particulier pour Angélique, Aurèle et Claudine baptisées en la nuit de Pâques. Que notre regard puisse se laisser toucher par la splendeur de la lumière du Christ :
 
"Tout le séjour du Christ sur terre fut une aurore, un clair-obscur, jusqu'au temps où le soleil se coucha, pour se relever enfin et chasser l'aurore par l'éclat d'une lumière nouvelle. Au matin, la nuit fut absorbée dans la victoire. "De bon matin, dit l'Ecriture, elles vinrent visiter le tombeau" (Mt 28,1). Quand le soleil se lève, n'est-ce pas le matin ? De sa résurrection, il rapportait une nouvelle splendeur, une lumière plus sereine. "Il a revêtu la beauté et la force", dit le psaume, car il a secoué l'infirmité de la chair comme une poussière et a mis sa robe de gloire. Alors, le soleil s'est élevé dans le ciel, a diffusé sur terre ses rayons, a paru peu à peu plus brillant et plus chaud.
Mais si chaud et si fort qu'il se fasse, dilatant ses rayons sur le cours entier de notre vie (puisqu'il est avec nous jusqu'à la consommation du siècle), il ne parviendra pas, dans le temps, à sa lumière du midi ; nous ne le verrons pas, en nos jours, dans sa plénitude. Plus tard, le contempleront dans sa plénitude ceux qu'il rendra digne de cette vision.
O vrai midi, plein jour de chaleur et de lumière, où le soleil s'immobilise, où disparaîtront les ombres ! Ô solstice éternel, jour qui ne baissera plus ! Fais que moi aussi je te voie, dans ta lumière et ta beauté."                                                              
Saint Bernard, Homélie sur le Cantique des Cantiques
 
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Journal n° 265 du 6 avril 2014

Editorial : Dieu aime la Vie !
 
C’est le cri de notre cœur en sortant de la célébration des obsèques d’Hélèna au cours de laquelle nous avons aussi beaucoup pensé à Julia. Quel beau témoignage que celui de ces jeunes qui savent encore allumer une bougie dans leurs mains et partager la petite lumière qui brille dans leur cœur. Ils ont dit leur foi en Dieu, ils l’ont chantée au milieu de leurs cris, de leurs larmes et de leurs doutes. Car croire en Dieu c’est mener un combat face à la mort pour vivre une traversée. Nous ne pouvons pas nous résoudre face à la mort, ni même invoquer un quelconque destin. Le fatalisme est une forme de complicité avec la mort et l’indifférence est déjà un naufrage annoncé. Ils nous ont appris que le chemin de la Foi est toujours possible. Eux, des jeunes, dont nous disons souvent qu’ils ne sont jamais dans nos églises… Ils y étaient.
Certes en un tel moment nous faisons l’expérience de notre fragilité et de notre faiblesse. Nous faisons cette expérience que nous sommes poussière et que nous sommes pétris de cette terre, de cet argile bien fragile. Mais Dieu lui-même est venu épouser cette terre, lui rendre son souffle, l’habiter de sa présence. Il se rend présent jusque dans cette fragilité et fait de nos blessures un « possible », une ouverture pour un avenir. Il aime la vie jusqu’à se rendre présent dans les abîmes de nos blessures pour nous faire sortir de ces lieux dans lesquels nous nous sommes laissés enfermer. Là, il fait face à la mort avec nous et nous appelle. Il crie de toutes ses forces en nous appelant par nos prénoms : « …Viens dehors !» (Jn 11.43). Comme il l’a fait pour son ami Lazare. Il crie, hurle poussé par un amour qui surpasse toute chose. Il fait face pour combattre avec nous et faire que la mort n’ait pas le dernier mot.
C’est toute une ville, une région, celle de la vallée de l’Arc qui a su sortir de chez soi et de tant d’enfermements dont le quotidien a le secret. Un flot ininterrompu d’hommes et de femmes ont voulu prendre le temps de s’ouvrir à la peine d’une famille et converger en masse vers l’église. Dernier lieu, sans doute, où il est possible de trouver un peu de lumière. Ce que nous avons vécu là est une Pâque, un Passage. Au milieu de notre Carême cela avait du sens. Pour nous les chrétiens, être avec cette famille était, pour reprendre une expression dont les plus jeunes ont le secret, the place to be, là où nous devons être, où nous devions être. Beaucoup d’hommes et de femmes présents ne sont pas venus jusque-là simplement en écoutant leur cœur.
Le Carême n’est pas fini. Il ne l’est d’ailleurs jamais car il n’est pas un but en soi mais l’occasion de prendre un chemin perdu de vue jusque-là. Pour le voir il faut se convertir, c’est-à-dire dégager l’entrée de notre cœur comme on roule la pierre d’un tombeau et se mettre à l’écoute. « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du Tombeau ? » (Marc 16.3). Se convertir s’est aussi accepter qu’un autre roule pour nous cette pierre, dégage avec nous l’entrée de notre cœur. Cet autre, c’est la Parole que Dieu nous adresse. Chaque matin elle nous réveille (Is. 50,4), elle frappe à notre cœur (« Voici que je me tiens à la porte et je frappe » Ap 3,20). Vendredi prochain ce sera la journée du Pardon au cours de laquelle nous nous mettrons à l’écoute de notre cœur. Merci à Dieu, à Jésus pour son Pardon qui, depuis le jour des Cendres -de la poussière et de la terre- nous a ouvert le chemin du Ciel et de la Vie. Dieu aime la Vie et nous invite à l’aimer avec Lui !                                  P. Brice de Roux
 
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Journal n° 264 du 23 mars 2014

Editorial : Extrait d'un sermon de Saint Augustin.
 
Jésus fatigué par la route s'assit sur la margelle du puits ; c'était environ la sixième heure. Là commencent les mystères : ce n'est pas sans raison que Jésus est fatigué. Ce n'est pas sans raison qu'est fatiguée la force de Dieu, ce n'est pas sans raison qu'il est fatigué, celui par qui ceux qui sont las retrouvent force, lui dont l'absence nous fatigue et la présence nous rend forts. Jésus cependant, fatigué par la route s'assied au bord du puits. A la sixième heure. Tous ces détails évoquent quelque chose. Ils veulent éveiller notre attention, ils nous poussent à chercher plus avant. Que daigne nous ouvrir, à vous et à nous, celui qui n'a cessé de nous exhorter en disant : "Frappez et l'on vous ouvrira."
C'est pour toi que Jésus s'est fatigué en chemin. Nous trouvons Jésus, force de Dieu ; nous trouvons Jésus faible ; Jésus fort et faible : fort parce que « Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu : et il était cela au commencement auprès de Dieu ». Veux-tu voir la force de Dieu ? « Tout a été fait par lui et sans lui rien n'a été fait, et il a tout fait» sans effort. Qui de plus fort que celui qui a fait tout l'univers sans effort ? Veux-tu connaître sa faiblesse ? « Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous. » La force du Christ t'a créé. La faiblesse du Christ t'a recréé. La force du Christ a donné l'existence à ce qui n'était pas. La faiblesse du Christ a fait que ce qui était ne périsse pas. Il nous a créés par sa force, il nous a cherchés par sa faiblesse. C'est par sa faiblesse qu'il nourrit ceux qui sont faibles, comme la poule nourrit ses petits : c'est lui-même qui a pris cette image : « Combien de fois, dit-il à Jérusalem, ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et tu ne l'as pas voulu ?... » Telle est l'image de la faiblesse de Jésus fatigué de la route. Sa route, c'est la chair qu'il a prise pour nous. Quel autre chemin aurait-il, celui qui est partout, qui est partout présent ? Où va-t-il, et d'où vient-il, sinon habiter parmi nous et pour cela il a pris chair ? Il a daigné en effet venir à nous, pour se manifester dans la forme d'esclave, et qu'il ait pris chair est le chemin qu'il a choisi. C'est pourquoi la fatigue du chemin n'est rien d'autre que la faiblesse de la chair. Jésus est faible dans la chair. Mais toi, ne te laisse pas aller à la faiblesse : toi, sois fort dans sa faiblesse à lui. Parce que « ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes ». La faiblesse du Christ est notre force.
 
 
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Journal n° 263 du 9 mars 2014

Editorial : Simple propos du pape François pour ce carême
 
Je m’inspirerai de la formule de Saint-Paul : « Vous connaissez la générosité de notre seigneur Jésus-Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches de sa pauvreté » (2 Co 8,9). Il s'est dépouillé, « vidé » pour nous devenir semblables en tout. Quel grand mystère que celui de l'incarnation de Dieu ! C'est l'amour divin qui en est la cause, un amour qui est grâce, générosité, désir d'être proche, qui n'hésite pas à se donner, à se sacrifier pour sa créature bien-aimée. La charité, l'amour signifient partager en tout le sort du bien-aimé. L'amour rend semblable, il créé une égalité, il abat les murs et les distances, c'est ce que Dieu fait pour nous… La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l'Esprit du Christ. À l'exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance… Chers frères et sœurs que ce temps de carême trouve toute l'Eglise disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l'annonce de l'amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, lui qui s'est fait pauvre et nous a enrichi par sa pauvreté. Le carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d'aider et d'enrichir les autres avec notre pauvreté… Que l'Esprit Saint, grâce auquel nous « sommes pauvres nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout » (2 Co 6,10) nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l'attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. »
(Extrait du message du pape François pour le carême 2014.)
 
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Journal n° 262 du 23 février 2014

Editorial :
 
Nous accueillons sur notre unité pastorale Emilie Lejoncour à Peynier et Rudy Grenier à Trets pour au moins six mois. L’un et l’autre habiteront une des « maisons paroissiales » avec une mission d’accueil et de disponibilité. Celle-ci consistera à accueillir les jeunes couples qui demandent la célébration d’un mariage ou un baptême et ont besoin d’un correspondant pour des questions matérielles comme les fleurs, la musique… Cette mission consiste aussi à faire le lien entre le célébrant et la communauté chrétienne qui accompagne ces jeunes foyers. A nous d’accueillir ces deux jeunes gens qui ont accepté de nous rendre ce service.
C’est l’occasion pour moi de remercier la famille de Marc et de Corinne qui depuis plus de deux ans assument aussi ce genre de mission sur Rousset.
Ces visages d’hommes et de femmes laïcs nous invitent à nous interroger quant à notre mission et notre place dans l’Eglise. Dans un entretien au journal La Croix le cardinal Oscar Maradiaga s’interroge sur la place des laïcs dans l’Eglise y compris dans l’organisation du Saint Siège. Mais ne nous trompons pas : cette interrogation n’a pas pour but de palier un manque de prêtres (il n’en manque pas à Rome où nombreux sont ceux qui s’y précipitent !). Ce serait faire injure au baptême, et ce à quoi il engage dans le monde qui est le nôtre, que de penser en ces termes la vocation des laïcs ou bien de réduire leur place dans un face à face avec le clergé. Le fruit du Concile Vatican II est de rappeler que la vocation des laïcs est d’être « dans la vigne du Seigneur » ou bien dans le monde comme le levain dans la pâte. Par les responsabilités familiales, professionnelles, associatives les baptisés ont une place unique, indispensable pour construire la société. Arrêtons de nous lamenter sur elle et mobilisons-nous pour y trouver notre place et aider chacun à trouver la sienne. Prêtre, ma mission est d’aider dans ce sens. Et c’est pour cela que je n’ai jamais pensé que les laïcs puissent être des collaborateurs des prêtres. Au contraire, c’est dans ma mission de prêtre qu’il me faut collaborer avec les laïcs pour leur permettre de vivre leur baptême là où ils sont. Ma responsabilité n’est pas  de les démobiliser pour que leur énergie s’épuise à faire vivre des structures d’Eglise au détriment de leur lieu d’engagement où ils ont vocation à s’épanouir. C’est cette conversion que le Pape Benoît XVI exprimait en 2010 dans une visite à une paroisse romaine : il faut « que les mentalités changent à l’égard des laïcs, que l’on cesse de les considérer comme des collaborateurs du prêtre, pour les reconnaître réellement co-responsables de l’être et de l’agir de l’Eglise ». Ensemble, avec toutes les bonnes volontés, agissons !
Père Brice de Roux
 
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Journal n° 261 du 9 février 2014

Editorial :
 
Une foule innombrable monte au temple. Au milieu d'eux, Jésus. Il est comme porté par Marie, Joseph, mais aussi tout un peuple qui garde cette tradition de monter au temple lorsqu'un premier né vient au monde. Dire "Merci" est la chose la plus oubliée et paradoxalement la plus essentielle au monde. Cet acte d'offrande est comme du bon pain sans lequel la table n'aurait aucun sens. Un enfant est ainsi porté comme on porte un trésor. Un peu comme cette boîte de sucre portée sur le dos de fourmis à travers rochers, rapides, route de montagne si bien illustrée dans ce film "Minuscule" que je ne peux que vous recommander de voir ces jours-ci dans les salles de cinéma. Les trésors de nos vies se portent à bout de bras comme nous tenons à bout de bras ces cierges à la main. Flamme fragile au cœur de l'hiver sans laquelle nous serions morts de froid et plongés dans les ténèbres. Le salut vient de ce qui est petit. Ce qui nous agrandit est minuscule comme une graine de sènevé, comme une petite flamme, comme le sourire d'un bébé. Comment pourrions-nous rester insensibles à ce message de l'Evangile qui, aujourd'hui, dans notre pays paraît parfois comme bafoué, galvaudé ou trainé dans la boue ? 
Il l’est par ceux qui nous gouvernent et qui ne garantissent bientôt plus le « vivre ensemble » au profit de l'exacerbation d'idées aussi saugrenues et sauvages les unes que les autres au point qu'une partie du pays est montée contre l'autre, au point que toute pensée qui ne se retrouve pas dans le concert orchestré est souvent taxée d'intégrisme et que tout débat est confisqué sous le coup des injures. Dans un pays démocratique, il n'est pas possible de manipuler les foules comme on l'a connu à travers l'histoire du 20ème siècle pour faire taire les uns et mettre à terre les autres. Dans un temps de crise toute parole, tout un chacun est nécessaire pour construire, pour marcher dans le même sens et servir le Bien Commun. Et cela commence par le courage de se rencontrer, de se parler et de se mettre ensemble autour de la table. Se retrouver autour d’une table et n’exclure personne est le fondement même de l'égalité inscrite sur le fronton des édifices publics.
Mais ne critiquons pas une société comme si nous étions des spectateurs ou des victimes. Cette division dont nous sommes des témoins n'est que l'expression de nos divisions. A l'école, dans nos familles, au travail mais aussi dans nos villages. Et c'est sur ces derniers que je voudrais nous mettre en garde. Je pense évidemment aux élections à venir. Elles doivent demeurer un lieu de libre expression et de respect profond pour les personnes. Elles doivent être l’occasion d’exprimer ce que chacun pense et l’occasion pour que toutes les sensibilités puissent s’exprimer. C’est même le devoir de chacun que de s’emparer de la parole et savoir s’engager. La pluralité des listes qui se présentent est ainsi le signe de la bonne santé de la démocratie dans nos villages et l’occasion de réunir l’ensemble d’une commune dans toutes ses diversités. Cela afin qu'une équipe digne de ce nom puisse pendant six ans servir le « vivre ensemble » avec tout ce qui aura pu surgir dans les débats de la campagne électorale à venir. Ce qui nous aide à vivre ensemble n'est pas de l'ordre de grands travaux et de grands projets : il est de l'ordre de ce qui nous mobilise au-delà des divisions pour mettre en « commun » au point de devenir non pas une famille (cela est le propre de nos vies privées et intimes) mais une commune. 
Je voudrais enfin parler de ce qui nous rassemble, dans notre communauté, un cierge à la main. Je voudrais parler de ce petit qui est capable de nous rassembler, qui n'appartient à personne, qui appelle tout le monde et pour lequel on n'a pas le droit de se mettre en travers. Ce petit c'est Jésus. Ce petit a fait tomber des barrières voire même des murs. Ce petit a affronté les grands du monde de l'empereur romain aux gouvernants d'aujourd'hui pour ouvrir des routes de paix et de réconciliation. Ce petit a suscité l'intérêt de Siméon et d'Anne qui ont pu s'endormir en paix. Nous sommes invités à nous mettre à l'école de ces deux petits vieux et de cet enfant c'est à dire de ceux qui ne comptent plus aujourd'hui dans notre société. C'est de là que viendra le salut car le salut ne compte pas : il est gratuit. Nous devons nous battre, frères et sœurs, pour nous laisser rejoindre par le petit de l'Evangile qui nous appelle à quitter nos petitesses, nos étroitesses d'esprit, nos haines, nos rancœurs, ce venin de la rancune qui empoisonne notre sang, tout ce qui nous divise et nous isole afin que nous puissions devenir grands. Il est « lumière » pour les Juifs mais aussi pour les nations. Je lui confie notre communauté et souhaite vivement que cette fête de la lumière soit la fête de tous et que l'an prochain elle ne fasse pas l'objet d'exclusion. Il ne doit manquer personne autour de la table de Jésus. Je lui confie nos villages pour que nous soyons des promoteurs de la diversité et que nous trouvions auprès de cette lumière la force de dépasser ce qui nous oppose pour la grandeur du vivre ensemble. Je lui confie notre pays pour qu'elle puisse éclairer les consciences et les cœurs. Ce petit, si nous l'accueillons, est un géant. Avec Lui nous verrons alors une bonne nouvelle venir jusqu’à nous, traversant rochers, rapides, route de montagne : rien ne peut l'arrêter. Avec Jésus, avec ce « petit Jésus » il y a de la place pour tout le monde. Rien ne pourra arrêter cette lumière qui brille jusque dans nos ténèbres. Surtout pas ceux et celles qui se pensent grands et importants car à vrai dire ils sont bien petits. Ce n’est pas un jugement car c’est bien de là que vient le salut de l’homme et de tous les hommes. Amen.
 
Père Brice de Roux
« Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur »
 
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Journal n° 260 du 26 janvier 2014

Editorial : "Si on a choisi d'accueillir, on le fait jusqu'au bout"
 
écrit le Frère Gaël de l'abbaye de Tamié en Savoie dans un article du journal La Croix au sujet de l'accueil des enfants à la messe dominicale. Cela est vrai pour toute démarche d'accueil. Certains d'entre nous vont suivre la formation à l'accueil qui sera donnée mardi prochain à Aix en Provence et qui affiche déjà complet. Bravo ! Ceux qui pensent être des pros de l'accueil qui n'ont rien à apprendre en ce domaine sont souvent loin d'être accueillants car ils pensent tout savoir et sont fermés à tout ce qui pourrait les faire grandir dans la parole de l'autre. Nous ne serons jamais assez accueillants. C'est là le cœur même de notre Foi. La Foi est toujours envisagée comme une relation entre chacun de nous et son "bon Dieu". Or la Foi est un don de Dieu à l'humanité qui transforme celle-ci et, la transformant, passe par elle. Le don de la Foi passe ainsi, aussi, par notre prochain. Lorsque chacun de nous accueille la Parole de Dieu, lorsque le Verbe se fait chair en notre chair, notre chair devient le signe de cette présence de Dieu dans le Monde. Saurons-nous la reconnaître, l'accueillir, nous mettre à son écoute ? Cet apprentissage est d'abord une conversion de notre manière de voir, de notre manière d'écouter. Peut-être même une conversion de notre désir de voir et de notre désir d'écouter. Avons-nous vraiment le désir d'accueillir l'autre pour lui-même, comme il est ? Avons-nous encore le désir d'apprendre ? A ceux qui pensent tout savoir et tout connaître des choses qui nous relient à Dieu, je les appelle à découvrir combien Dieu est plus large encore, plus profond encore, plus surprenant encore au point de se manifester aussi à travers ceux et celles qui frappent à la porte pour une visite, une demande. Et Dieu va toujours plus loin : il se manifeste aussi à travers ceux qui ne demandent rien car tout ce dont ils sont porteurs est encore enfoui en eux à l'image de la samaritaine qui vient au puits seulement pour puiser de l'eau. Jésus nous invite alors à l'école de l'accueil en lui demandant "donne-moi à boire". Lui Dieu, Lui qui sait tout, a pourtant quelque chose à recevoir, à apprendre de cette femme qui passait là uniquement pour sa corvée quotidienne. Si Dieu a encore quelque chose a recevoir, s'il se manifeste dans cette soif de recevoir, pourquoi serions-nous suffisants ? Mettons-nous dans le sillage de Jésus et exprimons notre soif de Dieu auprès de nos contemporains avec cette conviction et ce regard porté sur eux : le temps de l'Epiphanie ne se termine pas le 2 février. Il se prolonge en chacun de nos prochains, de nos contemporains, dans nos rues, nos maisons, nos quartiers, nos villages, dans ce monde-là et nulle part ailleurs. Si on a choisi d'être accueillant, on le fait jusqu'au bout quitte à bouleverser nos certitudes et nos habitudes. Nous ne dirons plus que nous savons tout mais nous pourrons alors, au soir de notre vie, dire comme Pierre à Jésus : "c'est toi qui sait tout, tu sais que je t'aime". Et, Lui, nous accueillera dans cet amour infini. Car il a choisi de nous accueillir et de nous aimer comme nous le sommes et il l'a déjà fait, une fois pour toutes, jusqu'au bout.
 
Père Brice de Roux
 
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Journal n° 259 du 13 janvier 2014

Editorial : « Vous n'êtes pas sous la loi mais sous la grâce »
 
(…) Le baptême, ce passage de « sous la Loi » à « sous la grâce », est une révolution. Il y a eu beaucoup de révolutionnaires dans l’histoire, beaucoup. Mais personne n’a eu la force de cette révolution que nous a apportée Jésus : une révolution pour transformer l’histoire, une révolution qui change en profondeur le cœur de l’homme. Les révolutions de l’histoire ont changé les systèmes politiques, économiques, mais aucune d’elles a véritablement modifié le cœur de l’homme. La vraie révolution, celle qui transforme radicalement la vie, c’est Jésus Christ qui l’a accomplie à travers sa Résurrection. Et Benoît XVI disait de cette révolution qu’elle est « la plus grande mutation de l’histoire de l’humanité ». Mais pensons à cela : c’est la plus grande mutation de l’histoire de l’humanité, c’est une véritable révolution et nous sommes les hommes et les femmes révolutionnaires de cette révolution, parce que nous marchons sur ce chemin de la plus grande mutation de l’histoire de l’humanité. Si un chrétien n’est pas révolutionnaire, à notre époque, ce n’est pas un chrétien ! Il doit être révolutionnaire pour la grâce ! C’est précisément la grâce que le Père nous donne à travers Jésus Christ crucifié, mort et ressuscité qui fait de nous des révolutionnaires parce que - et je cite à nouveau Benoît XVI - « c’est la plus grande mutation de l’histoire de l’humanité ». Parce que le cœur change. Le prophète Ezéchiel le disait : « J’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair ». Telle est l’expérience que vit l’apôtre Paul : après avoir rencontré Jésus sur la route de Damas, il change radicalement de perspective de vie et reçoit le baptême. Dieu transforme son cœur ! Mais pensez : un persécuteur, quelqu’un qui poursuivait l’Église et les chrétiens, devient un saint, un chrétien jusqu’à la moelle des os, un vrai chrétien ! Avant c’était un persécuteur violent, à présent il devient un apôtre, un témoin courageux de Jésus Christ au point de ne pas avoir peur de subir le martyre. Ce Saul qui voulait tuer celui qui annonçait l’Évangile, à la fin donne sa vie pour annoncer l’Évangile. C’est cela le changement, le plus grand changement dont nous parlait le Pape Benoît XVI. Il change notre cœur, de pécheur - de pécheur : nous sommes tous pécheurs - il nous transforme en saint. Y a-t-il parmi nous quelqu’un qui n’est pas pécheur ? S’il y a quelqu’un, qu’il lève la main ! Nous sommes tous pécheurs, tous ! Nous sommes tous pécheurs ! Mais la grâce de Jésus Christ nous sauve du péché : elle nous sauve ! Si nous accueillons la grâce de Jésus Christ, il nous change à tous notre cœur de pécheurs et nous rend saints. Pour devenir saints, il n’est pas nécessaire de lever les yeux et de regarder de côté, ou de prendre le visage des images de saints ! Non, ce n’est pas nécessaire ! Une seule chose est nécessaire pour devenir saints : accueillir la grâce que le Père nous donne en Jésus Christ. Voilà, cette grâce change notre cœur. Nous continuons à être pécheurs, parce que nous sommes tous faibles, mais également avec cette grâce qui nous fait sentir que le Seigneur est bon, que le Seigneur est miséricordieux, que le Seigneur nous attend, que le Seigneur nous pardonne, cette grande grâce qui change notre cœur.
 
Et le prophète Ezéchiel disait qu’il change un cœur de pierre en un cœur de chair. Qu’est-ce que cela veut dire ? Un cœur qui aime, un cœur qui souffre, un cœur qui se réjouit avec les autres, un cœur empli de tendresse pour ceux qui, portant en eux les blessures de la vie, se sentent aux périphéries de la société. L’amour est la plus grande force de transformation de la réalité, parce qu’il abat les murs de l’égoïsme et comble les fossés qui nous maintiennent éloignés les uns des autres. Et cela est l’amour qui vient d’un cœur changé, d’un cœur de pierre qui est transformé en un cœur de chair, un cœur humain. Et c’est la grâce qui fait cela, la grâce de Jésus Christ que nous avons tous reçue. L’un d’entre vous sait-il combien coûte la grâce ? Où se vend la grâce ? Où je peux acheter la grâce ? Personne ne connaît la réponse, non. Je vais l’acheter au secrétariat de la paroisse, peut-être que l’on y vend la grâce ? Est-ce qu’un prêtre la vend, la grâce ? Écoutez bien ceci : la grâce ne s’achète pas et ne se vend pas ; c’est un don de Dieu en Jésus Christ. Jésus Christ nous donne la grâce. C’est le seul qui nous donne la grâce. C’est un don : il nous l’offre à nous. Prenons-la. Cela est beau. L’amour de Jésus est ainsi : il nous donne la grâce gratuitement, gratuitement. Et nous, nous devons la donner à nos frères, à nos sœurs, gratuitement. C’est un peu triste lorsque l’on rencontre certaines personnes qui vendent la grâce : dans l’histoire de l’Église, parfois, cela est apparu, et cela a fait du mal, beaucoup de mal. Mais on ne peut pas vendre la grâce : on la reçoit gratuitement et on la donne gratuitement. Et cela est la grâce de Jésus Christ.(…)
 
L’annonce de l’Évangile est destinée avant tout aux pauvres, à ceux qui manquent souvent du nécessaire pour conduire une vie digne. C’est à eux en premier qu’est annoncé le message joyeux que Dieu les aime avec prédilection et qu’il va à leur rencontre à travers les œuvres de charité que les disciples du Christ accomplissent en son nom. Avant tout, aller vers les pauvres : cela est le premier point. Au moment du Jugement dernier, pouvons-nous lire chez Matthieu, chap. 25, nous serons tous jugés sur cela. Mais certains pensent également que le message de Jésus est destiné à ceux qui n’ont pas de préparation culturelle. Non ! Non ! L’apôtre affirme avec force que l’Évangile est pour tous, également pour les érudits. La sagesse, qui dérive de la Résurrection, ne s’oppose pas à celle humaine, mais au contraire, elle la purifie et l’élève. L’Église a toujours été présente dans les lieux où s’élabore la culture. Mais le premier pas est toujours la priorité aux pauvres. Mais nous devons également aller aux frontières de l’esprit, de la culture, au sommet du dialogue, du dialogue qui édifie la paix, du dialogue intellectuel, du dialogue raisonnable.
L’Évangile est pour tous.
Le fait d’aller vers les pauvres ne signifie pas que nous devons devenir paupéristes ou un genre de « clochards spirituels » ! Non, non, ça ne signifie pas cela ! Cela signifie que nous devons aller vers la chair de Jésus qui souffre, mais la chair de Jésus souffre aussi de ceux qui ne le connaissent pas par leur étude, leur intelligence, leur culture. Nous devons aller là ! C’est pourquoi j’aime utiliser l’expression « aller vers les périphéries », les périphéries existentielles. Aller vers tous, vers tous ceux-là, de la pauvreté physique et réelle à la pauvreté intellectuelle, qui est elle aussi réelle. Aller là, vers toutes les périphéries, toutes les croisées des chemins : aller là. Et là, semer la semence de l’Évangile, à travers la parole et le témoignage.
 
Et cela signifie que nous devons avoir du courage. Paul VI disait qu’il ne comprenait pas les chrétiens découragés : il ne les comprenait pas. Ces chrétiens tristes, anxieux, dont on peut se demander s’ils croient en Christ ou en la « déesse de la lamentation » : on ne sait jamais. Ils se lamentent tous les jours, ils se lamentent : regarde comment va le monde, regarde, quelle catastrophe, toutes ces catastrophes. Mais pensez-y : le monde n’est pas pire qu’il y a cinq siècles ! Le monde est le monde ; il a toujours été le monde. Et quand quelqu’un se plaint : c’est ainsi, on ne peut rien y faire, ah la jeunesse... Je vous pose une question : connaissez-vous des chrétiens qui sont ainsi ? Il y en a, il y en a ! Mais le chrétien doit être courageux et devant les problèmes, devant une crise sociale, religieuse, il doit avoir le courage d’aller de l’avant, aller de l’avant avec courage. Et quand on ne peut rien y faire, avec patience : en supportant. Supporter. Courage et patience, deux vertus de Paul. Courage : aller de l’avant, faire les choses, rendre un témoignage fort ; aller de l’avant ! Supporter : porter sur ses épaules les choses que l’on ne peut pas encore changer. Mais aller de l’avant avec cette patience, avec cette patience que nous donne la grâce. Mais que devons-nous faire avec le courage et avec la patience ? Sortir de nous-mêmes : sortir de nous-mêmes. Sortir de nos communautés, pour aller là où les hommes et les femmes vivent, travaillent et souffrent et leur annoncer la miséricorde du Père qui s’est faite connaître aux hommes en Jésus Christ de Nazareth. Annoncer cette grâce qui nous a été offerte par Jésus. Si j’ai demandé aux prêtres, Jeudi Saint, d’être des pasteurs avec l’odeur des brebis, à vous, chers frères et sœurs, je dis : soyez partout des porteurs de la Parole de vie dans vos quartiers, sur les lieux de travail et partout où les personnes se retrouvent et développent des relations. Vous devez aller à l’extérieur. Je ne comprends pas les communautés chrétiennes qui sont fermées, en paroisse. Je veux vous dire quelque chose. Dans l’Évangile se trouve un beau passage qui nous parle du pasteur qui, quand il revient à la bergerie, se rend compte qu’il manque une brebis, laisse les 99 autres et va la chercher, va en chercher une.
Mais nous, frères et sœurs, nous en avons une : il nous manque les 99 autres ! Nous devons sortir, nous devons aller vers elles ! Dans cette culture - disons-nous la vérité - nous n’en avons qu’une, nous sommes une minorité ! Et nous, sentons-nous la ferveur, le zèle apostolique d’aller et de sortir, et de trouver les 99 autres ? Il s’agit d’une grande responsabilité et nous devons demander au Seigneur la grâce de la générosité et le courage et la patience pour sortir, pour sortir annoncer l’Évangile. Ah, cela est difficile. Il est plus facile de rester à la maison, avec cette unique brebis ! Cela est plus facile avec cette brebis, la peigner, la caresser... mais nous les prêtres, vous aussi chrétiens, nous tous : le Seigneur veut que nous soyons des pasteurs, pas des coiffeurs de brebis ; des pasteurs ! Et quand une communauté est fermée, toujours avec les mêmes personnes qui parlent, cette communauté n’est pas une communauté qui donne vie. C’est une communauté stérile, elle n’est pas féconde. La fécondité de l’Évangile vient par la grâce de Jésus Christ, mais à travers nous, notre prédication, notre courage, notre patience.(…)
 
Et à présent, je voudrais finir en pensant à une chose. En cette époque, où la gratuité semble diminuer dans les relations interpersonnelles car tout se vend et tout s’achète, et où il est difficile de trouver la gratuité, nous chrétiens nous annonçons un Dieu qui pour être notre ami ne demande rien, si ce n’est d’être accueilli. C’est l’unique chose que Jésus demande : être accueilli. Pensons à ceux qui vivent dans le désespoir car ils n’ont jamais rencontré quelqu’un qui leur a apporté de l’attention, qui les a consolés, qui les a faits se sentir précieux et importants. Nous, disciples du Crucifié, pouvons-nous nous refuser d’aller dans ces lieux où personne ne veut aller par peur de se compromettre et du jugement des autres, et nier ainsi à ces frères l’annonce de la Parole de Dieu ? La gratuité ! Nous avons reçu cette gratuité, cette grâce, gratuitement ; nous devons la donner, gratuitement. Et c’est cela que, pour finir, je veux vous dire. Ne pas avoir peur, ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur de l’amour, de l’amour de Dieu, notre Père. Ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur de recevoir la grâce de Jésus Christ, ne pas avoir peur de notre liberté qui est donnée par la grâce de Jésus Christ ou, comme disait Paul : « Vous n’êtes plus sous la Loi, mais sous la grâce ». Ne pas avoir peur de la grâce, ne pas avoir peur de sortir de nous-mêmes, ne pas avoir peur de sortir de nos communautés chrétiennes pour aller trouver les 99 brebis qui ne sont pas à la maison. Et aller dialoguer avec elles, et leur dire ce que nous pensons, aller montrer notre amour qui est l’amour de Dieu.
 
Chers amis, chers frères et sœurs : n’ayons pas peur ! Allons de l’avant pour dire à nos frères et à nos sœurs que nous sommes sous la grâce, que Jésus nous donne la grâce et cela ne coûte rien : il faut seulement la recevoir. Allons de l’avant !
 
Pape François, à Rome le 17 juin 2013
 
 
Pour lire la suite du journal, cliquer sur le lien : Journal n°259 du 12 janvier 2014.pdf
 
 
 
 

Journal n° 258 du 25 décembre 2013

Editorial : Que ce Noël nous fasse ressembler à Jésus
 
Que ce Noël ouvre nos cœurs et nos esprits au chant des anges de Bethléem : ''Gloire à Dieu au plus haut des cieux''.
Que ce Noël nous rappelle notre vocation de témoins et de messagers de Jésus, le prince de la paix.
Que ce Noël nous engage à rendre grâce à Dieu pour ces dons merveilleux et à partager ce que nous recevons de sa main.
Que ce Noël nous apprenne à pardonner sans nous lasser et à voir en nos adversaires des frères et des sœurs aimés de Dieu.
Que ce Noël nous comble d'une joie rayonnante, alors que nous accueillons parmi nous le Fils bien-aimé du Père.
Charles Wachenheim
 
 
Pour lire la suite du journal, cliquer sur le lien : Journal n°258 du 25 décembre 2013.pdf
 
 
 

Journal n° 257 du 15 décembre 2013

Editorial : La crèche, un mot, une tradition, une catéchèse de la Nativité
 
« Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »Luc 2,12.
« Mangeoire » : c’est la seule source dont nous disposons concernant le lieu de la naissance de Jésus dans les Evangiles.  
 
« Mangeoire », un petit mot qui engendrera durant des siècles et jusqu’à nos jours une tradition désormais perpétuée dans le monde entier : la « crèche » (mangeoire se dit scripia en latin, d’où est issu le mot « crèche »).
 
Il semble à peu près sûr que durant les trois premiers siècles, les chrétiens n’aient pas célébré la fête de Noël, du moins pas le 25 décembre. Ce n’est qu’au VIème siècle que nous pouvons trouver dans des écrits la trace d’une Messe de Noël célébrée en l’église Sainte Marie Majeure à Rome la nuit du 25 décembre. Messe célébrée autour des reliques de la crèche rapportées de Bethléem.
La date du 25 décembre n’est bien-sûr pas une date historique, mais les chrétiens de cette époque, ont « greffé » Noël sur des fêtes profanes basées sur le solstice d’hiver, date où le jour reprend force sur la nuit.
 
La crèche n’est venue que bien plus tard :
on rapporte que François d’Assise aurait créé en 1223 une des premières crèches vivantes, dans l’église de Greccio, en Italie. Les personnages étaientjoués par les gens du village et les animaux étaient réels. Une tradition est née, des personnages ont été créés en cire, en bois, en carton pâte, en faïence et même en verre.
Ce n’est qu’au XVIème siècle que les crèches font leur apparition dans les églises. Une des premières connues est la crèche réalisée par les jésuites à Prague en 1562.
Petit à petit, durant les siècles suivants, la crèche de Noël a fait son apparition dans les familles, particulièrement à Naples, au XVIIIème siècle.
 
En France, il nous faudra attendre la révolution pour voir apparaître la crèche de Noël dans les maisons, les représentations publiques étant interdites.
 
En Provence, la tradition de la crèche provençale est née également à cette époque. Une tradition qui se détache des autres tradition de la crèche car ici, celle-ci s’inspire de la vie locale. Les personnages typiques de la région, du village ou des défunts de la famille étaient représentés alors, laissant place par la suite aux santons (petits saints en provençal) représentant des petits métiers connus : le meunier, le rémouleur, la lavandière, etc.
 
Dans notre Unité pastorale, nous avons la chance d’avoir plusieurs artistes passionnés qui, tous les ans, se plient en quatre pour confectionner des crèches toutes plus belles les unes que les autres. A Trets, Antoine Toledo entouré des Amis de l’Eglise, nous réserve à nouveau une belle crèche bien de chez nous.
A Puyloubier, Monique Curto va nous offrir comme chaque année une crèche pleine de la vie et de la douceur de Noël en lien avec le conte qu’elle nous a préparé pour la veillée. Les enfants s’en sont déjà emparés pour y ajouter leurs mots.
A Peynier, l’autel de la Vierge accueillera la crèche du village.
A Châteauneuf le Rouge, un concours de crèches pour les enfants stimule chaque famille.
 
A Rousset, en plus de la crèche habituelle, une exceptionnelle crèche a été confectionnée dans les salles de catéchisme. C’est l’événement de l’année.
Emmanuel Guillemain qui en est l’auteur nous aidera ainsi à mieux vivre la pédagogie de l’Avent.
Constituée d’un savoureux mélange entre la crèche provençale et le relief de Bethléem, cette crèche nous donne toute une catéchèse sur la Nativité.
Voici ce qu’Emmanuel nous dit : « Bethléem au cœur de la Provence - Des heures et des jours pour ajuster des roches créant des collines de tailles différentes, tracer des chemins sablonneux et rocailleux, répandre de la mousse naturelle, confectionner de vrais cyprès miniatures, le tous chaleureusement éclairé par un ciel étoilé.
 
Une crèche évolutive où chaque semaine du temps de l’Avent, Marie installée sur un âne accompagné de Joseph, arrivent de Nazareth, ou dans les campagnes les bergers font paîtrent leurs moutons, où l’âne et le bœuf, fatigués de leur journée sont assoupis sur la paille, ignorant encore ce qui va arriver, où déjà l’astre scintille de mille feux pour guider les Rois Mages venus de pays lointains en caravanes de chameaux et à dos d’éléphants.
La Provence ?
La vieille femme au paquet, le meunier, Marius, la marchande de poisson, pistachier, l’Arlésienne, et le tambourinaire sont déjà là « espinchant » de tous côtés, tous seront au rendez-vous le 24 à minuit pour la Nativité du Sauveur, recueillis avant le tintamarre que va provoquer l’entrée des Rois Mages dans la grotte. »
 
 « Vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Tout comme la crèche qui petit à petit a pris place au cœur de nos églises et de nos maisons, je souhaite à tous que ce nouveau-né puisse prendre place dans la maison de nos cœurs, Dieu avec nous, Dieu chez nous, Dieu en nous.
Père Brice de Roux, Emmanuel et Eric
 
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