x prêtres du monde entier se sont réunis à Rome pendant trois jours à l'occasion de la clôture de l'année sacerdotale les 9, 10 et 11 juin 2010. J'ai été impressionné par la diversité des prêtres : de tous styles, de tous genres, de tous âges et venus d'horizons très différents. J'ai été heureux de constater qu'il n'existait pas un seul style de prêtre mais «des » prêtres.
J'ai été marqué aussi par ces quelques évêques, venus avec leurs prêtres dans une ambiance très fraternelle. C'était un beau témoignage.
Mercredi j'ai retenu cet appel fait aux prêtres d'être le signe de la patience de Dieu en étant disponible dans l'Eglise, en particulier pour la rencontre, la prière, le sacrement de l'Eucharistie et de la Réconciliation. Un peu de gratuité pour le prêtre mais aussi, et surtout, pour ceux qui ont besoin de leur ministère.
Aujourd'hui c'est le climat spirituel du Cénacle qui nous a été donné à méditer, une "icône de l'Eglise naissante". La prière, ce climat spirituel n'est pas "un devoir mais la colonne vertébrale de notre existence".
Ce soir, nous avons eu une très belle veillée place saint Pierre avec le Pape Benoît XVI : un père qui parle simplement avec ses enfants. Cinq prêtres des cinq continents sont venus poser cinq questions auxquelles le Pape a répondu, après chacune d'elles sans note.
Un prêtre d'Amérique Latine a posé, par exemple, une question qui rejoint ce que nous vivons sur notre Unité Pastorale : "comment un prêtre en charge de plusieurs paroisses peut-il faire pour remplir sa charge ?". Cette question ne se pose donc pas qu'en France ! Après avoir encouragé les curés de paroisse, pour lesquels on a bien senti toute la reconnaissance du Pape pour leur ministère et l'importance qu'il leur accorde, le Pape a retenu trois priorités : les sacrements et l'annonce de la parole, la charité pour les plus petits et la prière (en particulier l'office des heures).
L'Afrique a posé cette question : « comment la théologie peut-elle nourrir notre spiritualité ?» C'était au Pape théologien que cette question s'adressait. Pour lui la théologie ne doit pas avoir peur des sciences et doit être guidée par l'Amour pour découvrir l'Aimé. Il a rappelé qu'il y a beaucoup plus de saints que ce que l'on pense et qu'il nous faut apprendre à mettre l'Ecriture au cœur de notre vie. Une Ecriture qui appelle à faire confiance à l'Eglise et son magistère.
Un Slovaque a posé la question du célibat. Le Pape est parti de l'Eucharistie pour rappeler qu'elle est la source de la vie du chrétien, mais aussi du prêtre. Une Eucharistie dans laquelle "le Christ permet au prêtre d'utiliser son moi". "Nous sommes attirés par le moi du Christ et habité par lui". Il a ensuite rappelé que "le monde qui est le nôtre ferme la porte à l'avenir de la vie de Dieu". "Le célibat est l'ouverture de cette porte". Il reconnaît que pour le monde agnostique le célibat des prêtres est un scandale. Il critique le célibat en un monde où on ne veut plus, non plus, du mariage en raison d'une idée qui consiste à ne vouloir vivre que pour soi. En cette ambiance où l'on ne veut vivre que pour soi, le célibat pose question. Il veut au contraire permettre à ceux qui veulent s'y consacrer, de "se laisser prendre par la main du Seigneur pour s'abandonner dans le cœur de Dieu" en signe du Royaume à venir. Il est, pour lui, ce qu'il brise cette attitude de "ne vivre que pour soi" liée à la fidélité du mariage. Parce qu'il est lié au royaume à venir, le célibat est un "oui" à l'avenir et les critiques actuelles montrent que le célibat est un acte de foi.
Un prêtre japonais a posé la question du cléricalisme, fuite dans laquelle des prêtres pourraient trouver refuge en refus du monde. Le Pape a rappelé que c'est au cœur de l'Eucharistie que le cléricalisme peut trouver sa place. Car l'Eucharistie demande de sortir de soi-même pour entrer dans l'aventure de l'Amour de Dieu qui s'ouvre sur le monde.
Enfin un prêtre australien a posé une question sur la baisse des vocations. "Il faut frapper au cœur de Dieu" a répondu le Pape. Il a laissé trois points de réflexions : vivre son sacerdoce de manière convaincante, inviter à la prière et avoir le courage de parler aux jeunes.
La veillée s'est terminée en une magnifique procession du Saint Sacrement, inscrivant l'adoration dans un acte liturgique. Après le chant de l'adoro Te devote, un silence impressionnant de communion profonde a envahi la place saint Pierre et le cœur des participants avant la bénédiction.
Père Brice de Roux, le jeudi 10 juin 2010.

