Fête du Corps et du Sang du Christ. Dimanche 6 juin 2010
Homélie de la Fête Dieu
dite aussi Fête du Corps et du Sang du Christ
Messe de la kermesse Dimanche 6 juin 2010
Père Brice de Roux
"Prenez, mangez et donnez"
Quand on entend le monde crier sa faim, crier sa soif, que peut-on faire ? Nous sommes comme les apôtres : impuissants. On peut « crâner », prendre de haut les paroles de l’Amour. Nous ne pourrons pas bâtir une vie réussie sur autre chose que l’Amour… au risque de faire l’expérience de notre impuissance. Au risque d’être incapable de répondre à la faim du monde simplement parce que l’on a pas écouté d’abord la faim soudre au cœur de sa vie.
La Pologne dans les années 1980 a crié sa soif de liberté et de justice à la face du monde. Les puissants de ce monde se sont sentis désarmés. Un petit prêtre de rien du tout, au point qu’on pensait le faire taire en le tabassant à mort, a bouleversé le cours des choses de ce monde. Il a renversé la logique de ceux et de celles qui vivaient dans le refus de l’Amour, qui avaient imaginé une civilisation dégagée de toute religion et construite, forcément, sur la haine et la violence. Il a affronté l’oppresseur en face et il a eu raison de lui car il a employé d’autres armes que celles du monde. Il a donné sa vie pour que le Pain de la Justice et de l’Amour soit multiplié, célébré, distribué. Son prénom : Jerzy. Son nom : Popielusko. Il est béatifié aujourd’hui. Personne ne lui a enlevé le goût de la vie et tous ont retrouvé le pain de la vie et le goût de la liberté !
Les gestes de ce prêtre sont les gestes auxquels Jésus nous appelle. Ils sont d’une banalité désarmante : 5 pains et deux poissons. Et du geste du partage a surgit l’abondance. Du geste de la convivialité a surgit une parole pour tous : « prenez et mangez ». Le plus extraordinaire n’est pas dans la faim apaisée mais dans la largesse de la générosité de Dieu. Une largesse qui se puise comme dans la jarre de la veuve de Sarepta, une abondance qui découle du cœur qui sait s’ouvrir à l’autre. Dieu ouvre son cœur… alors s’ouvre pour l’homme un chemin qui appelle à sortir des sentiers battus, des impossibles de l’existence, de ces lieux étriqués dans lesquels nous sommes enfermés.
A vous qui faites votre Première Communion aujourd’hui, je veux vous poser cette question : quelle mesure voulez-vous pour votre vie ? Sur qui, sur quoi voulez-vous la construire ? Voulez-vous d’une vie au « petit bonheur la chance », à la mesure des envies du moment ? Ou bien d’une vie réussie, pleine, large, habitée d’un souffle qui vous entraînera toujours plus haut et vous habitera de sa présence loin de toute solitude ? Vous pouvez faire de votre vie un vrai bonheur si vous savez la nourrir de la Présence de Dieu. Vous pouvez changer le monde si vous savez trouver la source de l’abondance pour vous et pour les autres. Et votre vie pourra répondre à la faim et à la soif des hommes d’aujourd’hui au lieu de les accabler de l’étroitesse de nos esprits.
Cet appel ne s’adresse pas qu’à vous. A travers vous, c’est à chacun de nous qu’il s’adresse. Car poser un acte de première communion c’est venir bousculer nos habitudes, nous obliger à vous laisser une place. C’est venir provoquer en nous la capacité d’être en communion ; cette communion qui habite et parfois sommeille en nous.
Frères et Sœurs, il est temps de nous lever dans le monde d’aujourd’hui et de distribuer le Pain de la Vie autour de nous. Croyez-le : ce pain ne manquera jamais puisqu’il est présence de Dieu et que Dieu ne s’épuise jamais. Mais ce qui pourrait manquer, en revanche, ce sont des disciples qui entendent l’invitation de Jésus : prenez et donnez. Qui prennent et donnent à la mesure de l’Amour de Dieu dont le propre est d’être sans mesure. Le Père Jerzy Popieluzco n’aurait rien été sans le peuple polonais, sans les ouvriers des grandes aciéries de Huta Warszawa, sans Lech Walesa. Toutes proportions gardées, rassurez-vous, votre curé n’aurait plus de sens dans son ministère sans votre présence. Le monde nous attend. Il a faim. Le Pain nous est donné et nous avons répondu présents au geste du partage de Jésus : prenez et donnez. C’est tout le sens de ce que nous célébrons, de la fête que nous célébrons qui nous envoie à la rencontre des hommes et des femmes d'aujourd'hui pour leur porter cette seule présence capable d’apaiser la faim et la soif. La présence du Dieu de l’Amour. Amen.
La Pologne dans les années 1980 a crié sa soif de liberté et de justice à la face du monde. Les puissants de ce monde se sont sentis désarmés. Un petit prêtre de rien du tout, au point qu’on pensait le faire taire en le tabassant à mort, a bouleversé le cours des choses de ce monde. Il a renversé la logique de ceux et de celles qui vivaient dans le refus de l’Amour, qui avaient imaginé une civilisation dégagée de toute religion et construite, forcément, sur la haine et la violence. Il a affronté l’oppresseur en face et il a eu raison de lui car il a employé d’autres armes que celles du monde. Il a donné sa vie pour que le Pain de la Justice et de l’Amour soit multiplié, célébré, distribué. Son prénom : Jerzy. Son nom : Popielusko. Il est béatifié aujourd’hui. Personne ne lui a enlevé le goût de la vie et tous ont retrouvé le pain de la vie et le goût de la liberté !
Les gestes de ce prêtre sont les gestes auxquels Jésus nous appelle. Ils sont d’une banalité désarmante : 5 pains et deux poissons. Et du geste du partage a surgit l’abondance. Du geste de la convivialité a surgit une parole pour tous : « prenez et mangez ». Le plus extraordinaire n’est pas dans la faim apaisée mais dans la largesse de la générosité de Dieu. Une largesse qui se puise comme dans la jarre de la veuve de Sarepta, une abondance qui découle du cœur qui sait s’ouvrir à l’autre. Dieu ouvre son cœur… alors s’ouvre pour l’homme un chemin qui appelle à sortir des sentiers battus, des impossibles de l’existence, de ces lieux étriqués dans lesquels nous sommes enfermés.
A vous qui faites votre Première Communion aujourd’hui, je veux vous poser cette question : quelle mesure voulez-vous pour votre vie ? Sur qui, sur quoi voulez-vous la construire ? Voulez-vous d’une vie au « petit bonheur la chance », à la mesure des envies du moment ? Ou bien d’une vie réussie, pleine, large, habitée d’un souffle qui vous entraînera toujours plus haut et vous habitera de sa présence loin de toute solitude ? Vous pouvez faire de votre vie un vrai bonheur si vous savez la nourrir de la Présence de Dieu. Vous pouvez changer le monde si vous savez trouver la source de l’abondance pour vous et pour les autres. Et votre vie pourra répondre à la faim et à la soif des hommes d’aujourd’hui au lieu de les accabler de l’étroitesse de nos esprits.
Cet appel ne s’adresse pas qu’à vous. A travers vous, c’est à chacun de nous qu’il s’adresse. Car poser un acte de première communion c’est venir bousculer nos habitudes, nous obliger à vous laisser une place. C’est venir provoquer en nous la capacité d’être en communion ; cette communion qui habite et parfois sommeille en nous.
Frères et Sœurs, il est temps de nous lever dans le monde d’aujourd’hui et de distribuer le Pain de la Vie autour de nous. Croyez-le : ce pain ne manquera jamais puisqu’il est présence de Dieu et que Dieu ne s’épuise jamais. Mais ce qui pourrait manquer, en revanche, ce sont des disciples qui entendent l’invitation de Jésus : prenez et donnez. Qui prennent et donnent à la mesure de l’Amour de Dieu dont le propre est d’être sans mesure. Le Père Jerzy Popieluzco n’aurait rien été sans le peuple polonais, sans les ouvriers des grandes aciéries de Huta Warszawa, sans Lech Walesa. Toutes proportions gardées, rassurez-vous, votre curé n’aurait plus de sens dans son ministère sans votre présence. Le monde nous attend. Il a faim. Le Pain nous est donné et nous avons répondu présents au geste du partage de Jésus : prenez et donnez. C’est tout le sens de ce que nous célébrons, de la fête que nous célébrons qui nous envoie à la rencontre des hommes et des femmes d'aujourd'hui pour leur porter cette seule présence capable d’apaiser la faim et la soif. La présence du Dieu de l’Amour. Amen.