Homélies

Solennité de la naissance de saint Jean Baptiste. Jeudi 24 juin 2010

Homélie du 24 juin 2010 à Trets.
Fête de Saint Jean Baptiste, patron de Trets.
Messe des « Petits Saints Jean »
Père Brice de Roux
 
Jean Baptiste nous montre le Chemin
 
Jean-Baptiste est un visage à la charnière de l’Alliance entre Dieu et les hommes qui a quelque chose à nous dire, à nous, qui sommes à la charnière de notre histoire. Visage de l’antiquité et de la nouveauté, Jean-Baptiste est né de l’union, de l’amour et de la fidélité de deux vieillards et il se manifeste au monde comme un prophète dès les entrailles de sa mère. La nouveauté qu’il incarne vient de ce lieu de la Vie, de ces entrailles qui donnent au monde la Vie mais qui savent aussi s’émouvoir du difficile et tressaillir d’allégresse pour reconnaître ce qui est beau et bon. On dit de Jean-Baptiste qu’il est le précurseur car, dès avant sa naissance, il a endossé les habits de sa mission qui consiste à aider le monde dans son discernement de ce qui est bien et de ce qui est mal. Apprendre à dire, apprendre à reconnaître le Bien comme bien et le Mal comme mal est une manière pour Jean-Baptiste d’inscrire ceux à qui il s’adresse sur un chemin de liberté. Tout à l’heure nous poserons ce geste qui consiste à passer sous son buste. Il faudra se baisser comme cette multitude d’hommes et de femmes ont su le faire dans les eaux du Jourdain pour dire leur volonté de conversion, de changement de vie. Et se convertir c’est faire le choix de la vie ! Et c’est en cet acte de conversion, de choix, de changement que l’humanité se relève, se met debout et rencontre le vrai visage de Dieu. Un Dieu qui ouvre des temps nouveaux, qui vient déchirer le silence du monde comme au jour d’une naissance où le cri d’un enfant déchire l’inquiétude, l’angoisse et le silence de ceux qui l’entourent. Au jour de la naissance de Jean-Baptiste, aime à dire saint Augustin, le voile du silence est comme déchiré en préfiguration du voile du temple déchiré par le cri de l’Amour de Dieu venu rejoindre les hommes jusqu’en ces lieux de l’abandon, afin que la solitude et l’isolement soient anéantis et vaincus par la Vie éternelle désormais répandue sur le monde, à travers le cœur de Dieu transpercé duquel coule du sang et de l’eau.
En un monde qui ne sait plus où donner de la tête au point que, l’exemple d’une vie est attendue et cherchée sur un terrain de football, fut-il celui d’une coupe du monde, Jean-Baptiste a quelque chose à nous dire. Ou plutôt à nous montrer. Un jeu, un sport devenu le lieu des psychodrames d’une nation toute entière ne peut pas laisser indifférent. Non pas à cause du psychodrame en question. Mais parce qu’il révèle combien toute une nation a cherchée auprès de joueurs de football un exemple qu’une société, une famille n’a pas été capable d’offrir ou de transmettre. Il révèle cette pauvreté, cette absence de sens et d’exemple dans une vie au point que le ludique et le divertissant deviennent affaire nationale. La déception est la seule issue pour ceux qui n’ont pas d’espérance et qui la mette en la futilité d’une activité sportive. Je ne suis pas en train de critiquer le sport, mais je souligne qu’il est urgent de lui donner sa place et sa juste place. Cette place du jeu que l’on gagne quand on est bon et que l’on perd quand on est mauvais sans perdre le plaisir d’une rencontre où chacun a pu donner le meilleur de soi-même. Chercher un ou des exemples quand on est perdu est légitime mais la quête de tout homme ne peut pas se contenter d’un exemple pour marcher et vivre. Il a besoin d’un chemin sur lequel pouvoir faire l’expérience de sa liberté et de son existence. Un chemin de paix, un chemin de vie, un chemin d’espérance, un chemin d’amour qui part du cœur de tout homme et y retourne.  Car c’est là, au plus intime de la vie des hommes que se joue l’avenir d’une histoire personnelle, d’une famille, d’une nation. C’est là que se prennent les décisions véritables et c’est là que prennent naissance les actes qui construisent les rencontres, les dialogues, les débats d’un monde plus juste et plus fraternel. Jean-Baptiste est celui qui montre du doigt ce chemin. Un Chemin qui a un visage et un nom. Un chemin que je peux appeler par son prénom, aux yeux de qui j’ai du prix, quoique me dise la société dans laquelle je vis. Un chemin qui m’appelle et s’offre à nous. Un chemin qui s’appelle Jésus, ce Dieu qui nous dit : « je suis le chemin la vérité et la vie », qui nous permet de marcher librement, qui nous rend vrais, qui nous rend à la Vie. « voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » nous dit Jean Baptiste en montrant du doigt ce chemin, en nous montrant du doigt Jésus. Il enlève nos entraves et nous sauve de nos ignorances. Le monde a besoin de Jean-Baptiste qui montrent du doigt Jésus, ce chemin de vie. Et vous, les enfants, vous êtes pour nous des « petits Saint Jean ». Amen.