Journal de l'Unité Pastorale

Journal n° 212 du 25 décembre 2011

Editorial :
 
Noël a sa « magie » mais celle-ci pourrait nous faire oublier cette question : où en sommes nous de l’Evangile ? Qui est Dieu pour nous ? Quel est son visage ? Qui est-il pour chacun de nous ? L’opinion du philosophe Fabrice Hadjaj sur la peur qui habite certains chrétiens lorsqu’ils se sentent victimes de ce que l’on appelle la « christianophobie » dit quelque chose de là où nous en sommes de notre foi. Nous avons oublié que Dieu est celui qui aime envers et contre tout. Nous avons oublié que l’arme qui renverse les puissants de ce monde s’appelle l’amour (Lc 1, 52). Nous avons oublié que nous sommes capables d’aimer et que cet élan du cœur qui nous lie à un plus grand que nous s’appelle la prière. Prier, c’est mettre de l’amour là où il n’y en a plus. Au plus intime de nous-mêmes et, comme par ricochet, là où le monde meurt de soif d’être aimé. Nous avons ainsi oublié que Dieu n’est pas de l’ordre de la logique des hommes, que Dieu a un visage, celui d’un enfant, celui de la fragilité, de la petitesse: c'est là que se manifeste sa puissance. Nous avons oublié que l’amour s’oublie, se donne sans compter, se rend présent en tous lieux… y compris en ces lieux les plus abjects de la vie des hommes qui ressemblent à une croix. Nous nous élevons parfois pour crier vers Dieu : « pourquoi nous as-tu fait cela ? » lorsqu’une catastrophe s’abat sur nous… simplement parce que nous avons oublié que Dieu qui est amour (1Jn, 4, 16) est depuis longtemps du côté de la victime que nous sommes, sur la croix, avec nous, pour nous. Nous sommes parfois tentés de partir en croisade pour défendre Dieu car, finalement, nous pensons que Dieu n’est pas assez fort pour nous défendre et pour nous rejoindre. Nous ne le reconnaissons plus en ces lieux de pauvretés si loin des petites perfections de nos vies qui nous aveuglent. Nous sommes devenus un peuple qui pratique encore mais ne fait plus l’expérience de Dieu. Nous pensons être au dessus du "panier" et nous passons à côté de Dieu…
En ces fêtes de Noël le vrai visage de Dieu nous rattrape, nous appelle, nous attire, nous détourne, se présente à nous, nous tend les bras, nous saisit par la main. Saurons-nous nous laisser toucher, aurons-nous l'audace de vivre une expérience ? Celle de nous laisser regarder et aimer. Alors comme tous ceux qui sont venus à la crèche, nous pourrons revenir dans nos maisons, sur nos lieux de travail, dans nos familles, auprès de nos amis par un autre chemin (Mt 2, 12): celui qui va du cœur de Dieu au cœur de l'homme. Alors, nous serons devenus croyants parce que nous aurons fait l’expérience d’un visage qui a suscité en nous la force de l’Amour. Joyeux Noël !
Père Brice de Roux
 
 
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