Journal de l'Unité Pastorale

Journal n° 178 - juillet 2010

Éditorial :
Comment s’étonner qu’une équipe de football soit mauvaise quand on n’a jamais cessé de la critiquer et de dire qu’elle est mauvaise ? Le bûcher est ressorti et l’on a beau jeu de vouloir y brûler ceux qui étaient des dieux il y a quelques temps encore. Devenus des victimes, ils n’en redeviendront pas moins des dieux dès que la tempête sera passée. Une France, une société qui a perdu ses valeurs et ses repères semble être dévoilée par les comportements de joueurs qui, eux, n’étaient invités qu’à jouer un sport. Les cris ne servent à rien s’ils ne sont pas accompagnés d’une volonté de conversion qui ne concerne pas les autres, ni même ce que l’on appelle « la société » mais chacun de nous.
 
Pouvons-nous continuer de vivre dans la fuite de ce que nous sommes ? De vrais questions se posent. Quelle est la réussite que nous voulons pour nos enfants ? Quel projet pour eux ? J’ai entendu dire à la télévision que cette coupe du monde était un désastre car on attendait d’une équipe de France qu’elle soit un exemple pour les jeunes. Le football peut-il être le seul lieu de l’exemple pour bâtir leur vie future ? En réalité les choix que nous faisons pour eux sont les seuls et véritables exemples qui vaillent. Comment faire grandir un enfant lorsque aucune éducation du « cœur » ne lui est partagée ? « Madame, il faut choisir » disait le curé d’une paroisse voisine à une Maman trop débordée pour s’inquiéter du catéchisme c’est-à-dire de l’éducation du cœur, de l’âme de ses enfants. Le temps des priorités est sans doute venu. L’été nous aidera, je l’espère, à redécouvrir ce qui est premier, ce qui est fondamental. Il nous donnera, je le souhaite, le courage de se poser et de poser des choix pour soi et pour ceux qui nous sont confiés. Mais n’entrons pas dans le jeu qui nous est offert et qui se présente à nous comme un piège : jeu de la chasse aux sorcières et aux coupables. Il nous faut sortir du cercle vicieux qui cherche chez l’autre ce que nous n’avons pas su vivre nous-mêmes ou ce que nous n’avons pas su transmettre. Nous sommes au contraire appelés à entrer en nous-même pour commencer un dialogue exigeant et indispensable en lequel chacun peut dire « je » et peut entendre le « tu » qui, comme le disait Jean-Paul II en préparation des JMJ de Paris, « renverse les barrières de la superficialité et de la peur » de l’autre (message aux jeunes du monde du 15 août 1996). C’est cela « faire équipe »…
 
Ma joie de prêtre est de voir qu’en notre unité pastorale, en tous cas, nous formons un belle équipe ! Bon été à chacun d’entre vous.
 
Père Brice
 
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